Arpentes et songes

hâvre ludique où se rejoignent rôlistes amoureux des fantaisies fantastiques et poètes
 
AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 A propos de langages et d'universalité ... la tour de Babel

Aller en bas 
AuteurMessage
Gaëlle
Rang: Administrateur
Rang: Administrateur


Nombre de messages : 225
Localisation : Vercors et Brocéliande
Date d'inscription : 20/03/2005

MessageSujet: A propos de langages et d'universalité ... la tour de Babel   Lun 31 Oct à 12:10

Kikou,

Je me suis souvent demandée, ce que cette tour de Babel avait de particulier pour que bien des gens la citent en exemple dans leurs écrits.
Je viens d'en comprendre le sens, ou du moins l'un des sens qu'on lui prête, qui à trait au langage dans son universalité. Je vous laisse découvrir cette fascinante histoire, illustrée par une huile de Pierre Bruegel du XVI° Siècle....

Babel - pentecôte : le langage en question

Bon nombre de philosophes puisant dans la Bible la matière de leur réflexion voient dans l’effondrement de la Tour de Babel et dans l’événement de la Pentecôte, cette proclamation extraordinaire d’une Parole unique, deux moments privilégiés où la définition du Langage est en jeu. Florilège

Thomas Gueydier
[03/06/2003]

Babel et l'asphyxie de la parole (André Neher)

“Dans le monde de Babel, il y a comme une asphyxie de la parole, parce que les mots s’y échangent, indifférents, semblables les uns aux autres, à l’instar des pièces de monnaie, comptées pour leur poids et non pour leur qualité. La parole y est devenue unité d’économie, non pas d’une économie qualitative qui connaît le prix de la parole et ne veut la prononcer que lorsqu’il en vaut la peine, mais d’une économie quantitative qui distribue les mots au prorata de leur efficacité et des nécessités mécaniques de leur emploi.” (André Neher, L’Exil de la Parole. Seuil, 1970 ; p.114)

L'hébreu, rescapé de Babel (Michel Foucault)

“Les langues ne furent séparées les unes des autres et ne devinrent incompatibles que dans la mesure où fut effacée d’abord cette ressemblance aux choses qui avait été la première raison d’être du langage. Toutes les langues que nous connaissons, nous ne les parlons maintenant que sur fond de cette similitude perdue, et dans l’espace qu’elle a laissé vide. Il n’y a qu’une langue qui en garde la mémoire parce qu’elle dérive tout droit de ce premier vocabulaire maintenant oublié ; parce que Dieu n’a pas voulu que le châtiment de Babel échappe au souvenir des hommes ; parce que cette langue a dû servir à raconter la vieille alliance de Dieu avec son peuple ; parce qu’enfin c’est dans cette langue que Dieu s’est adressée à ceux qui l’écoutaient. L’hébreu porte donc, comme des débris, les marques de la nomination première.” (Les Mots et les choses. Gallimard, 1966 ; pp.51-52)

Pentecôte : le retour mystique à l'unité(Georges Gusdorf)

“La Tour de Babel n’est pas le dernier mot de la doctrine chrétienne du langage. Un autre épisode fait écho, dans le Nouveau Testament, à la tragédie de la Genèse. C’est la Révélation de la Pentecôte, le Saint-Esprit descendant sur les apôtres et leur conférant le don des langues. Ainsi se trouve compensée la dissociation primitive, par le retour mystique à l’unité. Non qu’il faille imaginer les apôtres subitement doués d’un savoir polyglotte et encyclopédique. Le sens est sans doute que le disciple du Christ possède le pouvoir de réconcilier en soi la diversité des hommes, et de découvrir la parole même qui convient à chacun en particulier, comme un chemin pour pénétrer jusqu’au plus profond de son âme.” (La Parole. P.U.F, 1953 ; pp. 14-15)

L'évènement de la proclamation (Paul Ricoeur)

“Ce qui me lie, dans l’écoute, est-ce l’événement, le pur fait que la Parole parle, que la parole a été faite chair pour moi, une seule fois – ou bien est-ce le sens de l’événement ? Est-ce l’obéissance à un cri – à une criée, comme on pourrait le tirer du mot proclamer- ou est-ce l’obéissance à ce que l’événement dit de lui-même et qui , sans engloutir l’événement comme événement, le dépasse dans une signification intemporelle, indépendante de tout événement ? Est-ce l’événement que la Parole parle, et non pas moi, ou ce que la Parole dit, son contenu enseigné et enseignant ? Y a-t-il un enseignement impliqué dans ce kérygme, cette proclamation ? (…) La merveille de la Parole, c’est que nous ne pouvons pas séparer l’événement et le sens et que celle liaison contient celle de l’obéissance et d’une intelligence libre.” (La Parole instauratrice de liberté ; Cahiers universitaires catholiques, 10 juillet 1966.)




CENTRE DE RECHERCHE SUR L'EUROPE LITTERAIRE -
ÉTUDES HELVÉTIQUES


COLLOQUE INTERNATIONAL (10-12 mars 2005) MULHOUSE (Salle du Conseil de l'Université)- 2, rue des Frères Lumière, F 68093 MULHOUSE


LA TOUR DE BABEL ET SES LABYRINTHES


Friedrich Dürrenmatt a conçu ses deux dernières grandes oeuvres littéraires autour de la thématique de la Tour de Babel et du Labyrinthe. Il a cru reconnaître dans leur essence symbolique les structures fondamentales de toute pensée moderne. Au travers des légendes et des mythes qui les sous-tendent, la Tour de Babel et le Labyrinthe peuvent ainsi être lus comme des figurations symboliques de la crise de l'homme moderne. Elle concernerait, d'un côté, sa prise de conscience, mise à mal depuis le décentrement des grands systèmes totalisants de la pensée et, de l'autre, ses tentatives d'un dépassement par la création artistique.

Si l'époque postmoderne admet volontiers, par rapport à l'art, une position ambiguë, étudier ses enjeux permettra, comme le pensent les organisateurs, de clarifier les fondements même de la création artistique contemporaine à un moment où la virtuosité facile constitue une tentation constante, sans négliger le gigantisme de bien des projets, proches d'une pensée qui tend à inscrire l'empreinte de la globalisation aux oeuvres d'art même, avec ses problèmes afférents, tels l'hybris du virtuel, ou l'éclatement de toute identité rendant difficile l'orientation dans un monde sans points de repères stables.

Dans une visée transdisciplinaire, ce colloque va donc permettre une réflexion d'ensemble sur les conditions même de la création artistique à notre époque, son potentiel, ses prestiges mais également de ses limites. Les communications qui tentent de s'inscrire dans l'approfondissement de l'un ou de l'autre axe formulé par le titre, seront les bienvenues, tout comme celles qui élucideront l'actualité par le recours à l'histoire (histoire littéraire, système des beaux arts, mytho-critique, exégèse biblique etc.).


Mille bises

Gaëlle éblouie par cette vision d'universalité ... et heureuse de vous la faire partager

_________________
Un sourire ne coûte rien, mais il donne tellement ...
Le rêve est la raison d'un seul
la réalité est la folie de tous
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://arpentes-et-songes.forumactif.com
 
A propos de langages et d'universalité ... la tour de Babel
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Condamné pour des propos tenus sur un forum
» A propos des images !
» A propos d'algérie poste.
» A propos de cadrages
» À propos de l'univers

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Arpentes et songes :: La rose et la plume :: Murmures des Muses-
Sauter vers: