Arpentes et songes

hâvre ludique où se rejoignent rôlistes amoureux des fantaisies fantastiques et poètes
 
AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Echec au Mat (syndrome)

Aller en bas 
AuteurMessage
Gaëlle
Rang: Administrateur
Rang: Administrateur


Nombre de messages : 225
Localisation : Vercors et Brocéliande
Date d'inscription : 20/03/2005

MessageSujet: Echec au Mat (syndrome)   Dim 29 Jan à 22:52

Quelques lignes d'un échange épistollaire qui peut servir à tout un chacun.
Juste pour ceux qui sont dans les tourments et qui ont tant besoin d'aide.
Au delà d'un sourire il peut y avoir une main tendue ou une oreille attentive.
On a tellement besoin les uns des autres !

Mille bises

Gaëlle

----

Missive 1

Gothique et suicide : l'inévitable déviance !

Bonsoir Philippe,

Je prends connaissance de ton message, et je vais tenter de te donner une réponse assez complète de ce phénomène gothique.
J’espère que tu y trouveras assez de choses pour comprendre le mécanisme fallacieux de certains groupuscules qui se sont accaparés d’une mouvance culturelle de rupture sociale, pour en faire un véritable guet-apens pour une jeunesse en quête d’authenticité, les conduisant inexorablement à un spleen terrifiant qui peut les mener jusqu’au suicide.

De toutes façons, c’est un sujet grave pour ton élève, à ne pas prendre à la légère.

Je pense qu’il t’est peut être difficile de cerner le problème de l’esprit gothique dans l’ère « fashion » actuelle.
En fait beaucoup de courants se rejoignent dans cette tendance «underground ».
Directement issu du mouvement punk des années soixante dix, ce mouvement culturel fédérateur a peu à peu attiré beaucoup d’autres sphères ambivalentes, qui jusque là se contentaient de graviter autour du sacro saint principe du rebelle social type « bad boy).
Ces groupuscules de tous horizons (musical, politique, culturel, cinématographique, littéraire …), qui essayent tant bien que mal de faire une contre-courant à la morale judéo chrétienne plénipotentiaire, ont rejoints ce créneau et entrent maintenant dans la dénomination générique de goths !
Pourtant ce mouvement originel est plus sectaire qu’il n’y paraît de prime abord. Alors que déferlaient les groupes branchés anglais au début des années quatre vingt, un groupe d’origine nordique et germanique se dégageait de plus en plus de cette mouvance : le dark !
Des sonorités plus directes, des mots plus hard, des rythmiques plus soutenues issues du hard rock, et plus tard du trash métal du doom et du death métal donnèrent naissance au mouvement gothique dans son sens large (gothic-rock, medieval, electro, cold-wave, dark-wave etc.)
La littérature gothique (mélange de romantisme noir et de fantastique) qui dans son sens le plus précis désigne un courant littéraire de la fin du XVIIIe siècle « Le château d’Otrante », Walpole (1764), « Le moine », Lewis (1797) pour les plus connus, et début du XIXe siècle « Melmoth ou l’homme errant », Maturin (1820) est aussi à l’origine de cette étrange fédération qui abondait dans le sens de cette nouvelle culture underground.
Ce courant littéraire est toujours très vivant avec des auteurs à succés comme Anne Rice (La chronique des vampires) ou Poppy Z.Brite (Âmes perdues) et les jeux de rôles qui se basent sur l’occulte contemporain et le vampirisme.
Déjà à cette époque le concept du morbide et des lieux étranges comme les cimetières, les cryptes … prenait de l’ampleur. Plus proche de nous Mylène Farmer est un exemple de gothique soft à la française.
Comme toute évolution culturelle, le cinéma lui aussi s’empare du thème gothique. Les films les plus représentatifs restent le « Nosferatu » de Murnau, « Le cabinet du Dr Caligari » de Robert Wiene ou le « Dracula » de Tod Browning.
Il va de soi que la mode ne pouvait pas se passer d’une telle manne et elle prit le pas sur cette extrapolation musicale originelle, et même les grands couturiers faisaient appel à des modèles tout habillés de noir. Dans la rue on commençait à voir des « corbeaux », avec de longues capes, de longs manteaux, des signes cabalistiques, des croix renversées, des cercueil, des bagues allongées qui entouraient tout le doigts, censées représenter les serres d’un rapace, ou une arme, une griffe, un signe de reconnaissance parmi tant d’autres. Cet aspect sectaire, effrayant, dérangeant la bonne société était bien dans l’optique des gothiques, qui devinrent de plus en plus irrévérencieux, tribaux, malsains sataniques.
Le primo concept à l’origine de cette tendance n’était plus qu’un souvenir, aspiré par les déviances exacerbées d’une jeunesse avide de provocations et de changements, confrontée à de mauvaises conditions sociales, appauvrissement de la population, chômage, cités ghettos, hausse du pétrole, abandon de l’éducation parentale et du rôle de parent, famille monoparentale et j’en passe. Dès lors les jeunes n’ont plus de repères et ils deviennent les proies attitrées de ces corbeaux urbains qui ne cessent de recruter dans les écoles, les lycées, le Net …
Parallèlement à cette évolution, un concept artistique se mit en place progressivement avec ses icônes intemporelles percutantes (catafalque, pierres tombales, images morbides, délires mortifères, perversités glauques et sanguinolentes). Poussant toujours plus loin la perversité et la provocation, s’ajoutèrent à ces concepts fourre-tout, des notions plus scandaleuses encore comme le bondage, le sado masochisme, l’apologie du suicide, de la drogue, de la décadence, la vulgarité poussée à l’extrême protégée par les concepts dépassés de liberté intellectuelle et artistique.
Dès lors l’esprit gothique n’était plus le même que celui qui était à l’origine de sa création. Il évoluait, dépassé par l’engouement qu’il suscitait chez les jeunes désocialisés, ou underground en révolte avec la société dans son ensemble et dans le concept carcéral de la morale religieuse.
Dans le début des années quatre vingt dix, apparurent les Satanistes. Un groupe déluré de provocateurs extrêmes, fascistes, qui prônaient le racisme, le sexe sans protection, la drogue, le suicide, et toutes les déviances dangereuses qui étaient dans ce sillage nauséeux comme les cultes de Satan, l’ésotérisme à toutes les sauces, les magies divinatoires …

La folie humaine venait de trouver là son exutoire.

Voilà en quelques mots les concepts d’un syndrome de société, qui s’est trouvé dépassé et qui aujourd’hui reste un fourre tout génial pour une jeunesse en manque d’identité.
Le gros problème, à mon sens, que tu risques de rencontrer avec ton élève est le côté obscur des provocations véhiculées par ce concept. Comment est elle ? A t elle encore un certain équilibre ou la vois tu s’enfoncer dans un univers glauque, au sein duquel il n’existe plus aucun tabou. Le principal risque pour elle, est qu’elle soit victime des folies absurdes de certaines déviances de cet univers qui, comme je le disais précédemment, prônent le suicide et banalisent le viol et l’acte sexuel sans protection. Là je pense qu’il y a danger réel pour une jeune fille qui n’a plus ses repères, qui ne croit plus en quelques valeurs familiales,
De plus c’est l’âge où les peines de cœur semblent absolues, sincères, terribles, et les adolescents se complaisent à vivre dans ce spleen récurent, qui leur offre un aperçu de leur avenir rigide et dénué de fantaisie. Ils ont alors facilement tendance à se rapprocher de sites gothiques, de blogs pervers qui peuvent les conduire à une fin tragique et prématurée.
C’est en cela que ton rôle de professeur est prépondérant, et je pense que c’est en cela que tu m’interpelles aujourd’hui sur ce concept.
J’ai essayé de te donner un aperçu réel de cet étrange mouvement qu’on appelle facilement « gothique », et j’espère que tu auras ici quelques réponses à tes questions, qui te permettront de venir en aide à cette élève dont tu parles.

Avec toute mon amitié
Mille bises
Gaëlle


_________________
Un sourire ne coûte rien, mais il donne tellement ...
Le rêve est la raison d'un seul
la réalité est la folie de tous


Dernière édition par le Dim 29 Jan à 23:42, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://arpentes-et-songes.forumactif.com
Gaëlle
Rang: Administrateur
Rang: Administrateur


Nombre de messages : 225
Localisation : Vercors et Brocéliande
Date d'inscription : 20/03/2005

MessageSujet: Re: Echec au Mat (syndrome)   Dim 29 Jan à 22:54

Missive 2

Echec au Mat syndrome

Bonsoir Philippe,

Je pense que chaque cas est difficile et différent.
Mais je sais par expérience, que la manière dont tu t’immisces dans l’univers de chaque ado, afin d’être incorporé à son biotope est toujours le même.
Il ne faut pas le juger, arrêter de lui dire qu’on comprend son geste, car lui même ne le comprend plus, et se situer comme une alternative, une solution subsidiaire. Il faut que tu lui montres que tu es quelqu’un qui l’écoute, et peut l’aider à ordonner ses pensées, sans lui dire ce qu’il a à faire. Attention tu n’es pas non plus son copain, tu n’es qu’un repère dont il a besoin, mais il doit y avoir une barrière entre toi et lui. Il se doit de vouloir te cacher des choses, c’est vital pour ses repères et sa construction psychique. Attention aussi à ne pas en faire trop et vouloir lui enlever tous ses problèmes.
Dès l’instant qu’on entre dans le schéma « oui je comprends, je te plains, et je vais t’en sortir, tu peux te reposer sur moi », c’est foutu !

Dans le cas qui t’occupe, le seul maître à bord reste cette jeune fille, qui vient de faire une Tentative de Suicide. C’est uniquement elle qui a les rênes de sa vie en main. De cela il faut qu’elle arrive à en être parfaitement consciente.
Après tout est plus facile. Même si elle ne cesse de calmer partout que c’est SA décision, qu’elle ne veut faire de mal à personne, qu’il faut la laisser tranquille, que personne ne peut la comprendre, son geste reste fondamentalement un appel au secours. De là il faut comprendre ce qu’elle veut dire, et pourquoi il a fallu qu’elle en arrive à cette extrémité pour qu’on s’intéresse à elle.
Là deux principaux problèmes : est elle apte à dépasser son geste, à en parler, et à écouter, ou au contraire, s’enferme t elle dans une spirale indéfinissable qu’elle ne maîtrise plus et qui la broie chaque jour un peu plus, rendant inévitable une seconde tentative souvent définitive ?
(Le Mat syndrome)

Il faut ensuite composer avec son attitude sans faillir.
A cet instant elle est terriblement fragilisée, et se complait dans cette position « confortable » d’une ado choyée, adulée, envers qui chacun s’intéresse et est gentil avec elle, ce qui arrive généralement après une Tentative de Suicide de la part de son entourage.
Dès lors, si elle a fait son geste pour qu’on s’intéresse à elle, elle a gagné, et là à nouveau deux solutions.
Elle comprend qu’elle est aimée, et elle peut s’en sortir, car elle ne recherche plus l’image d’enfant choyée qu’elle avait perdue et se rend compte elle même qu’elle n’avait vraiment pas besoin de faire une Tentative de Suicide. Nouvelles finalités à ses phases d’introspections qui l’ont menées vers le suicide (voir plus loin) ou, et c’est souvent cela, elle se rend compte qu’elle vient de trouver la solution miracle pour exister aux yeux des autres, et là c’est la dégringolade, car si on n’y prend pas garde et que l’on n’arrive pas à identifier ce schéma là, elle recommencera inévitablement.
Ce schéma est volontairement simpliste. Il va de soi que les origines de son acte manqué sont bien plus complexes que cela. Mais il se peut que cet aperçu facilite ta préhension du Mat syndrome.
Pour moi l’attitude à adopter est l’écoute active, la reformulation des problèmes qu’elle essaye de repérer et de dire, et un capital « amitié » prépondérant sans jamais résonner dans l’affect. Attention cependant à ne pas en faire trop. Il faut qu’elle ait confiance en toi, mais tu ne dois pas passer pour un de ses camarades à ses yeux. Il est obligatoire que tu laisses entre vous un seuil à ne jamais franchir, tu restes un adulte responsable afin que cette fille matérialise parfaitement les fonctions de chacun.
Je sais que la situation de professeur n’est pas idéale pour suivre une telle élève, car on ne peut pas faire tout ce que l’on a envie de faire pour de multiples raisons. De plus il faut faire attention à l’image que l’on donne de soi aux autres élèves, (qui peuvent soudain réaliser qu’il est finalement facile de bien se faire voir des profs, il suffit de faire une Tentative de Suicide), et c’est là, la pire interprétation que les autres élèves (fragiles) puissent faire.
Je n’aborderai pas d’autres extrapolations qui peuvent voir le jour dans le cercle d’une classe, d’une école, et qui n’ont pas toujours de fondements, mais auxquelles chaque professeur se doit d’être vigilant lorsqu’il essaye de se rapprocher d’une élève afin de lui venir en aide.

De toutes façons il faut identifier les causes réelles du mal être de cette jeune fille. La théorie qui dit que le suicide est lié à un état dépressif est fausse.
Je crois qu’il n’y a que 15 % environ des suicidaires qui relèvent d’une authentique dépression.
De plus il est aisé de prévenir la véritable dépression, tant les signes cliniques avant coureurs sont nombreux.
Je pense au contraire que d’en arriver là, même pour un ado qui vit les choses avec beaucoup d’intensité, c’est la finalité d’un douloureux cheminement intime.
A nous de nous intéresser à la personne afin de déceler ce qui ne va pas ….
(Conflits parentaux, abus, climat délétère ou violent, inexistence du soutien parental…) et d’y remédier au mieux en en parlant aux parents concernés EN PRESENCE de l’enfant. S’il se rend compte qu’il est « trahi » par celui à qui il se confie, tu as tout perdu !


L’accident initial est toujours là, sorte de raison objective en quelque sorte :
La perte d’un être aimé par exemple, même parfois un simple chagrin d’amour, la peur de décevoir les parents avec de mauvais résultats scolaires, des difficultés relationnelles avec les parents, des relations compliquées avec ses copains ….
Le fait d’entendre ou de lire (sur les blogs) l’envie de se suicider d’un ado est TOUJOURS à prendre au sérieux. Les relations amoureuses sont souvent à l’origine d’une déprime incroyable, surtout chez les filles, ce fameux spleen dont je t’ai déjà parlé.

Le problème principal c’est qu’une tentative ne guérit pas de l’envie de recommencer.

Il faut toujours surveiller et anticiper une personne qui nous a donné des signes de volonté de se tuer.
Le schéma est souvent similaire, on entre dans une trajectoire suicidaire en cinq étapes (le Mat syndrome) on commence par ne plus avoir peur de la mort, et par peur de la vie on se prive du choix même de vivre.

La particularité de ce schéma est qu’il est parfaitement constitué.

Chaque personne suicidaire se doit de passer par ces étapes quel qu’en soit l’ordre, mais chacune de ces phases a un début et une fin. Il faut que la personne ait accompli les cinq phases de ce Mat syndrome, pour qu’elle soit effectivement prête à se suicider. Elle s’affranchit de ces phases plus ou moins vite, et c’est durant ces phases de préparations psychiques que l’on se doit de les repérer et d’intervenir.
Durant tout ce temps le risque de suicide est prévisible.
Après il est trop tard, car le geste lui même est imprévisible, dès lors que le suicidaire a effectuer la totalité de ces phases.
Cela reste malheureusement vrai après l’échec d’une première tentative, il est en position de suicide potentiel, car il a assimilé les cinq phases du Mat syndrome.

L’imaginaire roi (phase 1) De plain pied dans le refuge vers cet univers goth : demande de réassurance, constitution d’un monde imaginaire centré sur la mort et le morbide. Son ressenti est l’anxiété.

La lutte (phase 2) Puissant sentiment de douleur d’arrachement, peur de son devenir intérieur, prise de conscience de la réalité de la mort. Son ressenti est centré sur le sentiment de destruction et des angoisses à répétition.

Le renoncement (phase 3) Le désespoir prend le pas sur tout le reste. L’adolescent oscille entre des périodes de léthargie et des sursauts désespérés dans la quête immobile de sa propre disparition, dans la mort de sa souffrance. Cette phase est facilement repérable pour peu qu’on s’intéresse à la personne atteinte du Mat syndrome. Le ressenti de cette phase est caractérisé par une démission globale de la personne, un abandon un enfermement un repli sur elle même.

A ce stade il est encore possible d’enrayer la trajectoire vers le suicide, si on arrive à créer une empathie solide avec le sujet de manière à instaurer un climat de confiance et de calme propice aux confidences. Il faut arriver à lui faire dire ce qui ne va pas et qui lui donne ce spleen caractéristique.

Les deux autres phases peuvent être très rapprochées, voire confondues.

Le ressentiment (phase 4) Persuadé d’avoir trouvé ses réponses, le sujet cherche à convaincre son entourage du bien fondé de sa découverte. Le fait de lire des blogs ou des sites goths, qui ne parlent que de ça, lissant les paradoxes des concepts de vie et de mort, peut l’aider à se convaincre de l’exactitude de ses pensées. On décèle de l’agressivité, la personne veut vérifier son schéma de pensées en éliminant les paradoxes qui surgissent indubitablement de son raisonnement et cherche à convaincre les autres par des affirmations infondées ou farfelues. Il n’y a plus de dialogue possible, son mode de pensée est totalitaire, arbitraire, vindicatif, sûre de son bien fondé, la personne n’est plus en phase d’écoute, le processus d’autodestruction est enclenché. Ses ressentis sont basés sur la haine et le profond sentiment d’injustice.

L’œil du cyclone (phase 5) Maintenant persuadée d’être incomprise et d’avoir la seule et unique vérité, la personne se laisse engloutir dans une douce mort. Cynique et froide, plus rien n’a vraiment d’importance, elle s’enlise dans son concept et n’arrive plus à comprendre son entourage. Ses ressentis sont basés sur le détachement excessif à son environnement et une totale déconnexion.

Le passage d’une phase à l’autre est toujours engagé par l’échec dans l’accomplissement de cette phase d’introspection.
Au début d’une phase, le sujet pense qu’il arrivera à trouver une solution à son problème. De ce fait il est prêt à essayer de tout faire pour se sortir de cette impasse. C’est l’échec à trouver une issue à cette phase qui l’oblige à chercher autre chose le faisant ainsi entrer dans la phase suivante.

Les phases ne se suivent pas forcément dans le temps. Il peut s’écouler plusieurs mois, voire plusieurs années pour que la personne ait accompli les cinq phases du Mat syndrome, et inversement cela peut aller très vite (moins d’un mois) pour les cas les plus grave, liés le plus souvent à un traumatisme soudain (divorce, viol, perte d’un être cher …).

Le vrai danger après une Tentative de Suicide est que les parents entrent dans un sentiment de culpabilité, car ils perdraient alors leur rôle de repère plus que jamais primordial pour aider leur adolescente à se sortir de son mal-être.

Ils ne sont pas forcément responsables de l’acte suicidaire.

La culpabilité des parents est dangereuse, car ils doivent marquer leur présence et ne pas changer d’attitudes vis à vis de leur fille, et cela coûte que coûte. Ils sont le repère principal de leur fille, et ne peuvent se départir de ce rôle intrinsèquement lié à son évolution psychologique. Ils doivent bien sûr montrer qu’ils ont parfaitement conscience de la souffrance de leur fille, être à son écoute mais le copinage la priverait de ses repères, car les parents entreraient alors dans le monde de l’adolescente, l’empêchant de vivre cette période faite de secrets la responsabilisant trop tôt.

Voilà Philippe, ce que je peux te dire sur la prévention du suicide en général, et je te remercie vivement de te donner du mal pour ces jeunes qui connaissent parfois les affres pernicieuses d’une instabilité psychologique. C’est vraiment bien de le faire !

Mille bises

Gaëlle

PS. : Je te donne les coordonnées d’un excellent bouquin qui simplifie la préhension des étapes de ce Mat syndrome : Le grand blues, Alain Meunier et Gérard Tixier, éditions Payot

PPS. : Merci


_________________
Un sourire ne coûte rien, mais il donne tellement ...
Le rêve est la raison d'un seul
la réalité est la folie de tous


Dernière édition par le Lun 30 Jan à 22:37, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://arpentes-et-songes.forumactif.com
makoz
bourgeon
bourgeon
avatar

Nombre de messages : 25
Date d'inscription : 24/06/2005

MessageSujet: Re: Echec au Mat (syndrome)   Lun 30 Jan à 20:03

Bon je suis pas d'accord avec tout mais là n'est pas le propos. Je m'emballe peut être MAIS C'EST QUOI CE "TS"???!!! Pourquoi reduire une tentative de suicide à une simple abréviation, à un sigle? Merde tu parles de quelque chose de grave alors pourquoi l'abréger? Ca euphémise la chose, ça en réduit l'importance...C'est quoi ça, la tentative de suicide version langage sms? Et je doute ma chère Gaëlle que ce soit par gain de temps que tu aie marqué ceci ainsi étant donné que tu prends à chaque fois la peine de le mettre en majuscules.
Bref c'est un coup de gueule peut être à blanc mais que je tenais à pousser.

Makoz, qui est contre toute forme de politiquement correct; si les choses ont un nom, c'est aps pour rien...



Excusez mesdames et messieurs cet accès d'indignation passager.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Gaëlle
Rang: Administrateur
Rang: Administrateur


Nombre de messages : 225
Localisation : Vercors et Brocéliande
Date d'inscription : 20/03/2005

MessageSujet: Re: Echec au Mat (syndrome)   Lun 30 Jan à 22:46

makoz a écrit:
Bon je suis pas d'accord avec tout mais là n'est pas le propos. Je m'emballe peut être MAIS C'EST QUOI CE "TS"???!!! Pourquoi reduire une tentative de suicide à une simple abréviation, à un sigle? Merde tu parles de quelque chose de grave alors pourquoi l'abréger? Ca euphémise la chose, ça en réduit l'importance...C'est quoi ça, la tentative de suicide version langage sms? Et je doute ma chère Gaëlle que ce soit par gain de temps que tu aie marqué ceci ainsi étant donné que tu prends à chaque fois la peine de le mettre en majuscules.
Bref c'est un coup de gueule peut être à blanc mais que je tenais à pousser.

Makoz, qui est contre toute forme de politiquement correct; si les choses ont un nom, c'est aps pour rien...



Excusez mesdames et messieurs cet accès d'indignation passager.

Kikou Makoz,

Tu n'as pas à t'excuser, et si tu réagis ainsi c'est que tu dois être sensibilsé à ce sujet.
Tu as tout à fait raison, cela me montre combien je suis plongée dans ce monde de syntaxe car je n'ai même pas imaginé une seconde écrire complètement cette locution.
J'utilise cette abréviation tous les jours, des dizaines de fois, et je n'ai pas conscience qu'elle semble détacher l'action grave qu'est la tentative de suicide de son terrible effet d'affect.

Mais je ne cherche nullement à humaniser cette notion abjecte ni à en minimiser l'importance, chaque jour je me bats pour essayer de montrer une autre voie à ces personnes en manque de tant de choses.

Ta remarque est judicieuse, et me force à réfléchir à cette banalisation larvée de la douleur humaine, qui se cache si facilement sous des initiales dénuées de tout humanisme.

Je ferai attention à l'avenir, je te le promets sincèrement.

J'ai fait la modification dans le texte.

Mille mercis

Mille bises

Gaëlle

Il est tout à fait normal que tu exprimes ici ton indignation, c'est aussi le rôle de ce petit salon.

_________________
Un sourire ne coûte rien, mais il donne tellement ...
Le rêve est la raison d'un seul
la réalité est la folie de tous
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://arpentes-et-songes.forumactif.com
makoz
bourgeon
bourgeon
avatar

Nombre de messages : 25
Date d'inscription : 24/06/2005

MessageSujet: Re: Echec au Mat (syndrome)   Mar 31 Jan à 0:38

Merci beaucoup. Je suis très sensibles aux euphémismes, qui sont aujourd'hui utilisés à tort et à travers pour banaliser, réduire l'impact que peuvent avoir certaines choses. L' euphémisme est une figure de style littéraire et non pas un moyen pour voiler la vérité: un aveugle n'est pas mal voyant, un sourd n'est pas malentendant...il faut arrêter de craindre de choquer les gens en utilisant certains termes. Ca minimise la gravité de choses ou de situation et ça affaiblit le langage. Même si je me suis bien douté que dans ton cas cette "TS" n'était pas un euphémisme outrancier, ni même un euphémisme tout court. Mais venant de toi qui à une telle verve, une telle sensibilité (au vu de ce que tu écris) j'ai trouvé cela décevant (sans vouloir être insultant ou quoi que ce soit d'autre). Merci pour la modification.

Mille mercis à toi
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Echec au Mat (syndrome)   

Revenir en haut Aller en bas
 
Echec au Mat (syndrome)
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Le syndrome crevettien
» Serge Brussolo - Le Syndrome du Scaphandrier
» [Loevenbruck, Henri] Le syndrome Copernic
» Final Fantasy AC/Dissidia ~ Fairy Syndrome Series - Nightflight
» echec mission ( helas )

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Arpentes et songes :: De plume et de coeur ... :: Instantanés-
Sauter vers: