Arpentes et songes

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 Mise à nue ... enfin délivrée

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Gaëlle
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Nombre de messages : 225
Localisation : Vercors et Brocéliande
Date d'inscription : 20/03/2005

MessageSujet: Mise à nue ... enfin délivrée   Sam 31 Déc à 2:27

En d'autres lieux, quelques mots de bonheur, comme des voeux merveilleux à une année qui semble belle.

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Jamais, je crois une rubrique n'a si joliment épousé la teneur de mon messsage.
On y parle de don, et de présent, de joie, d'écoute et de coeur, et d'ouverture à une spiritualité nouvelle, qui au delà des mots, délivre des maux.
Merci à vous !



J’ai souvent vu se changer les choses.

Comme le bourgeon qui se transforme jour après jour, et devient une fleur, belle et épanouie, comme un regard qui change doucement, et des yeux qui reprennent un instant de vie, des lèvres gercées qui s’entrouvrent, esquissant un sourire, un corps épanoui qui largue ses amarres et s'enfonce dans la vase.

J’ai souvent, patiemment, écouté les autres, cherchant à leur faire dire quelques vérités enfouies et profondes, qu’elles voulaient oublier, et qui se révèlaient à nouveau, comme un venin puissant, chaque fois qu’elles souhaitaient être enfin heureuses.

J’ai parlé avec les Dieux, jusqu’à tutoyer les morts, essayé les plus atroces folies, à la recherche d’un dernier soupir, un ultime fixe d’absinthe ou de neige, qui finissait toujours dans le rouge et le sang.

J’ai hurlé à la lune, pleuré mon infortune, crié, tempêté, niant les évidences.

Abusée, trahie, jetée, j’ai connu les errances, et mon cœur a saigné.

J’ai regardé les trains, qui arrivaient trop vite sous les caténaires, serrant le parapet, avec l’envie de sauter.

J’ai regardé le monde, incomprise et battue, j’ai pleuré chaque larme, que mon maigre corps renfermait.

J’ai fait les trottoirs … de Paris, de Neuilly, j’ai cherché cet Eden, dont la folie des hommes semblait m’avoir bannie.

Je n’ai plus vu d’amour, et chaque jour un peu plus, le fardeau était lourd.

Alors j’ai plaqué ma détresse, et j’ai aidé les autres, enfermant en cachette, ce que je voulais offrir, aux malmenées de la vie.

Je me suis battue pour les voir sourire, arrêter leurs larmes, et qu’elles confient leurs terribles secrets, ressassant tous les jours, qu’on ne peut pas vivre avec une plaie béante, tout au fond de l’âme.

Jusqu’à en oublier la mienne, qui avait su m’emmurer dans les barbelés squelettiques d’une frontière invisible, aux miradors terrifiants.

Et puis j’ai écrit ma vie, par bribes, quelques mots de révolte, que le papier ami, m’offrait parfois de révoquer.

A tant frôler les territoires de la Mort, on finit toujours par y laisser son âme, et j’ai arpenté d'étranges contrées pavées d'étranges sentiments, que le soleil a depuis longtemps déserté.

J’ai caressé des armes, comme des pierres précieuses, espérant m’en servir, sans jamais y parvenir.

J'errais dans une vie trop vide, toute interdite de sens.

Et puis j’ai osé me libérer.

Comme ça, un soir, poussée par cette étoile vibrante qui ne m’a jamais trahie, fidèle au delà de toutes mes dépravations, et qui vit dans les jardins secrets de mon cœur, j’ai lâché ces mots sales, cette honte inavouée, cette torture quotidienne, comme on vomit sa bile, les soirs de lune pleine.

Je n’ai d’abord rien ressenti. Sans oser me relire, j’ai validé mes mots, sans savoir ... fragile ... qu’ils libéreraient mes maux.

Et puis chaque jour je regardais, anxieuse, les commentaires assidus que vos mains habiles me laissaient sur la toile.

Certain m’ont écrit de merveilleux mots, quelques murmures intimes déposés avec élégance au fond de ma boîte aux lettres.
Ces mêmes lettres, étranges, qui ont su tisser, tout au fond de moi, cette étrange force !

Sans me juger vous m’avez aidés, au delà des mots, des hontes et des tabous.

Je connais ces histoires, chaque jour jour je rencontre des fillettes bafouées, violées, droguées, prostituées. Toujours la même révolte, mais elles font partie de mon quotidien, c’est le travail que j’ai choisi, et en cela ces récits ne m’effrayent plus.

Mais une discussion animée sur le chat de ce merveilleux site, m’a montrée combien ce décalage est dur, difficile à supporter pour ceux qui n’en ont pas l’habitude.
Là j’ai pu imaginer cet élan de générosité et ces peurs larvées qu’il vous a fallu dépasser, pour sortir de votre quotidien et vous pencher sur mes maux.

Plus de titres dans les journaux, plus de tabloïdes nauséeux, affichés dans les squares, pas d'images sur un téléviseur un soir à vingt heures. Mais un être de chair, qui parle comme vous, avec vous et qui, sans jamais se plaindre, essaye de trouver la sortie secrète à toutes ses craintes.

Elle n’est pas en Ukraine, elle n’est pas au Népal, en Chine ou en Afrique, elle est là, sous vos fenêtres, à quelques pas, à peine, du bac à sable où jouent vos enfants.

Et là, bravant l’affront, vous m’avez écoutée, consolée, aimée, comme je crois, personne avant vous n’avez su le faire ainsi, juste entre vous et moi, sans intérêts, juste pour moi et pour m’aider.

Alors j’ai ouvert les yeux sur une autre douceur, quelque chose de lointain, comme un souvenir sépia qui nous vient tout droit de nos airs d'enfance, quand on peut encore se protéger derrière ses parents.

J’ai regardé la vie avec un œil neuf, comme si vous aviez expurgé cette lancinante tristesse qui ourlait mes regards, d’un indéfectible larme, sur ce monde ravagé.

Vous avez pointé mes tristesses, en chacun de mes mots, et même toi, Man Ing, tu es sorti de ta réserve, pour m’aider à trouver d’autres rimes enjouées à mes éternelles rengaines.

Alors le soleil s’est levé, comme des brassées de fleurs, j’ai compris le sens caché de vos signes, et entrouvert les portes de votre philosophie.

Maintenant sur le seuil, mon cœur bat plus vite, et je m'éloigne enfin des rivages terrifiants des princes mortifères.

D’un gris feutré, qui soulignait mes jours, j’ai aperçu le bleu du soleil, et le vert des oranges dans le rouge du ciel.

J'ai quitté cette étrange gangue de nuit qui enveloppait mes sens, et pour la première fois, depuis longtemps déjà, je me suis remaquillée.

Que vous dire, si ce n’est un merci, qui résonne jusqu’au cieux ?

Y a t’il plus grand trésor, que d’offrir à celui qui est sur une voie de garage, de quoi reprendre son essor ?

Oui bel albatros, aujourd'hui, moi aussi je peux m'envoler, enfin libérée.

Je suis conquise, et vous serai toujours fidèle, car vous m’avez sans doute offert là, mes plus beaux vœux pour une nouvelle année.

Je vous aime.

Merci !

Mille bises

Gaëlle

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