Arpentes et songes

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 Renaissance

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kerwen
bourgeon
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Nombre de messages : 12
Localisation : Manhay, Ardennes belges
Date d'inscription : 01/04/2005

MessageSujet: Renaissance   Ven 1 Avr à 21:31

N.B. : je m'en vais publier quelques textes déja présents sur mon Blog. Ce sont, bien évidemment, des textes de jeunesse. Autrement dit, soyez critique ! J'aime qu'on démolisse mes ambitions ! Wink


Les gouttes d'eau salées s'épanchent sur le sol sec du promontoire minéral qui domine la falaise. Nourrissant la terre, creusant de doux sillons dans la poussière, lentement, un cercle de peine s'esquisse, ses douloureuses créatrices brillant à la lumière mourante du sous-bois avant de le rejoindre.
La terre s'écarte, se fend, laisse le passage à un délicat écrin de velours végétal, porté par une tige couleur de mousse. Le cocon grimpe, les perles de tristesse tombent une à une telle la pluie des origines, sans que nul ne la voie, pas même la source embuée.
Puis, doucement, un à un les pétales s'écartent. D'abord le pourpre, puis le vert, le bleu, le jaune, le violet, enfin l'orange, le rose, la Vie.
La lumière a quitté le paysage. Seule subsiste la clairière, baignée dans la lueur de la flore nubile.
Et, au sein de cette fragilité végétale, une silhouette s'éveille. Ses ailes se tournent vers la Lune montante, ses cheveux roux brillant de rosée recouvrent son corps, rempart de soie contre la fraîcheur et les regards.
Ses paupières s'ouvrent prudemment et ses yeux regardent l'homme qui pleure à genoux, regardent l'homme qui serre contre lui l'éternité de jadis, son rêve éteint.
Alors, la Fae s'élève dans la sylve, et son ombre se dessine un instant sous la Gibbeuse. Le temps d'une larme, elle est partie.
Au matin, on ne trouvera qu'un corps dans le vent d'automne, bercé par le cri de la corneille.
Pendant que, au fond du monde, loin des hommes et des machines, Faerie danse sur fond de Lune.
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Gaëlle
Rang: Administrateur
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Nombre de messages : 225
Localisation : Vercors et Brocéliande
Date d'inscription : 20/03/2005

MessageSujet: Re: Renaissance   Dim 10 Avr à 18:01

Kikou,

Mutation étrange et décalée, d’une rose qui s’ouvre doucement à l’albédo diaphane d’une lune d’argent. Etrange frontière aux mille faux semblants, sur laquelle s’égarent quelques temps nos délicieuses chimères. Confins incertains de ces sables mouvants, où se baignent nos songes, perdus dans les encres de nos fabuleux exquis.

Parfois je regarde l’ennui des jours qui passent, au delà des brumes de mes cils qui retiennent encore un peu ces larmes amères, sur fond de mer. Perdue dans la contemplation de mes peurs, j’imagine l’étrange décor aux odeurs de mort, que distillent mes folies débiles.

Ossuaire crayeux sous les reflets complices d’une lune ronde et glauque, qui, ingénue et perdue, glisse au delà des mondes, sur les collines verdoyantes des ailleurs fabuleux.
Destins de satin, qui se mêlent et s’emmêlent aux frontières enchantées du monde de nos fables.
Danseurs à la cour du roi Oberon, ils virevoltent sur les auras éphémères de nos cœurs en hiver, et glissent sur les sommets enneigés de nos âmes en peine.

Etrange paradoxe, j’aime me perdre dans les dédales de mon âme, aux contreforts de mes peines, et rêver à ces délicieuses faées, qui dansent et caracolent sous les regards de l’Automne.

Parfois mes pleurs épousent mes peurs et je sombre dans les autres mondes, où vacillent les lueurs d’une fuite éperdue. Là, las, lasse, je m’écroule sur l’herbe aux fragrances de doutes, et je regarde le lac, où dansent les lacs de la corde de ma vie.
Ultime tête à tête miroir sans âme de mon âme en peine, qui me permet, juste encore un peu, de crier ma révolte et de pleurer mes peines, afin de sécher mes larmes, sous le ciel de mes folies soudaines.

J’aime alors me perdre, dans le labyrinthe de mes songes, courant après mes rêves, aux exhalaisons malsaines.
Je tutoie les reines, les fées et les anges, perdue aux confins des croyances incertaines, de cet ailleurs qui nous cueille dès lors que coulent nos larmes, si loin de nos bonheurs.

Etrange passerelle, au dessus des abysses, délicate frontière entre vie et mort, au delà des folies, des mythes et des légendes.
Je prends le bras d’Arthur, sous le regard de ses chevaliers, qui nous font une haie d’honneur, Eden hospitalier.

Je me noie dans les vapeurs du stupre, dégustant mon absinthe, et danse avec les revenants de mes songes d’enfant.
Ballottée, indécise sur cette frontière apaisante, je cherche à couper le dernier lien qui me lie, à la folie des hommes, à mon destin qui s’efface.

Perdue à demi, je ne crois plus en rien, attirée par les chimères taboues de mes peurs d’antan.

Serai je la prochaine que l’on retrouvera, sur une plage de peines, dans le vent de l’automne, veillée par les corneilles ?

Larmes amères, connivence éthérée aux relents de mes peines, je me jette à mon tour dans l’abîme de mes peurs, afin de retrouver mes songes, loin de mes tourments quotidiens.

Qui trouvera ma rose, un matin de chagrin sur les rives de cette drôle de mer échancrée, où j’ai perdu mes dernières illusions sur la bonté des hommes ?

Etrange ballet de corneilles blanches, qui cherchent mon cœur, dernier balais (rubis) carmin sur cette mer de noirceur.

Mais au delà des rives de nos peines, ultime gardien de nos perfides peurs, il y a cet étrange sauveur, dans son halo de brume.

Un livre qui s’ouvre, des images qui se cherchent, des mots qui nous emportent passerelle de verre, qui nous montre le chemin de nos songes, et les bonheurs des mots, qui éveillent et domptent les trésors fabuleux de nos rêves, sous les auspices précieux de nos gentilles fées.

Ultime dépositaire de nos précieux calices, il nous offre cet ailleurs qui illumine nos yeux, d’autre chose que des larmes, rien que du bonheur, aux fragrances sémantiques des confins des légendes.

Merci de nous ouvrir le cadenas de nos lectures, en nous livrant de si beaux ailleurs, sur les mondes dorés de vos contes.

Mille bises

Gaëlle

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