Arpentes et songes

hâvre ludique où se rejoignent rôlistes amoureux des fantaisies fantastiques et poètes
 
AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 9

Aller en bas 
AuteurMessage
Lionna Ambrelune
fleur
fleur
avatar

Nombre de messages : 53
Age : 42
Date d'inscription : 14/04/2005

MessageSujet: 9   Lun 21 Nov à 22:14

J'ai fais un bêtise une fois, une seule fois. Des hommes en bleu m'ont arrêté. Des hommes en noir m'ont jugé.
Et puis 9 m². J'en ai arpenté des centimètres de long en large de ces 9m². Mais trop de monde, trop de haine. les obstacles se succèdèrent. Trois ans plus tard, je ne sais si vraiment je les ai parcourus. Aujourd'hui, ils me hantent encore. 9m² qui me sépare des gens, 9m² qui me sont rappelés tous les jours, qui me laisse un espace de vie, libre de ne croiser aucune âme. 9m² qui existe même si j'en suis sortit.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.la-taverne.org
Gaëlle
Rang: Administrateur
Rang: Administrateur


Nombre de messages : 225
Localisation : Vercors et Brocéliande
Date d'inscription : 20/03/2005

MessageSujet: Re: 9   Mar 22 Nov à 23:41

Pour toi Lionna,

Au delà des mots de tes maux, je veux partager avec toi ces quelques lignes, libres de droit et de sens, afin que tu puisses retrouver la quiètude qui te manque.

Pour toi, ma puce !

--------------------


Neuf Korrigan qui dansent,

Avec des fleurs dans les cheveux

Et des robes de laine blanche,

Autour de la fontaine,

À la clarté de la pleine lune.



La laie et ses neufs marcassins,

À la porte de leur bauge,

Grognant et fouissant,

Fouissant et grognant,

Petit ! Petit ! Petit !

Accourez au pommier !

Le Vieux Sanglier va vous faire la leçon.


Au delà des apparences, quelques murs de pierre, trop hauts, trop sombres, et cette lumière là bas, trop loin, ineffable douceur usurpée, qui me tente et me prouve que j’ai perdu ma liberté.

Grilles et portes qui grincent, univers carcéral, aux odeurs de javel et d’urine, et ces gens qui font peur, si loin de mon bonheur.
Cicatrice qui balafre mes faux sourires, m’enlisant chaque jour dans ce puit aux contours flous, tout bardés de métal, qui se noient dans ces drôles de spirales, où se perd mon âme blessée.

Instant de démesure, seul, face à face avec mes ombres, et mes remords, morbides et glauques, qui m’entachent, à jamais, aux yeux de ceux, que je vais rencontrer.

Ces jours, ces semaines, ces années, au delà de ce calendrier, qui marque sur le mur, la fin lointaine de mon calvaire.
Cette date soulignée de rouge, et ces larmes qui accompagnent le bruit mat de la lourde porte qui se referme, au delà des murs, au delà de mes peurs, me laissant, blessé, au devant de mes tenaces appréhensions.

Le regard des autres qui transpercent mes certitudes, suis je devenu si transparent ?

N’ai je pas droit, moi aussi à votre pardon ?

Même si j’ai fauté, j’ai le droit de me racheter, du moins je le croyais, avant de vous rencontrer.

Hallalis quotidienne aux ombres de bagnards, je cherche partout à échapper à ces murs, qui, au delà de ma liberté retrouvée, continuent de fermer les judas qui s’entrouvrent.

Errance infinie, n’ai je point le droit de la vivre : cette liberté chèrement payée ?

Car au delà de ces jours, brisés par le carcan de ces grilles, j’ai déposé bien plus que mes jeûnes, dans la sébile de bois vert.

Caveçon ajusté, j’ai pleuré pour avancer, sans compter les secondes d’éternité de ce cachot gelé.

Neuf mètres carré, que je ne peux pas oublier.

Courage Lionna, car au delà de ces ailleurs interdits, il y a encore des gens qui te sourient, sans te juger ô grand jamais !!

Mille bises

Gaëlle

_________________
Un sourire ne coûte rien, mais il donne tellement ...
Le rêve est la raison d'un seul
la réalité est la folie de tous
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://arpentes-et-songes.forumactif.com
Enfant Lune
bourgeon
bourgeon
avatar

Nombre de messages : 19
Localisation : Venue du Ciel profond, ou sortie de l'abîme ...
Date d'inscription : 11/10/2005

MessageSujet: Re: 9   Mer 23 Nov à 0:10

J'ai lu tes mots, les alissant lentement s'imprimer dans ma chair ..... celà ma fait penser à un texte que j'avais écrit, et que je voudrais mettre ici ... pour toi ..... je ne sais pas s'il est tout à fait en rapport avec tes maux. Mais ... juste des mots ....

Catharsis



Murs blancs. Trois mètres sur trois mètres sur trois mètres. Cellule lactescente. Sur un rectangle d’acier, une petite fenêtre. Le seul miroir sur le monde extérieur. Salle incolore, aux murs lézardés. Lumière vive. Trop vive… Aveuglante. Finalement, le blanc, c’est comme les ténèbres : on arrive à rien distinguer.
ELLE est assise sur un petit lit en fer, adossé au mur. ELLE regarde droit devant ELLE, comme si ELLE s’efforçait d’apercevoir une déchirure dans ce mur qui n’en est pas un. Mais ses yeux abîmés ne distinguent plus grand chose depuis longtemps. La prunelle, dilatée par les drogues, n’est plus qu’ombres et cendres. Son visage est figé, tendu, d’une pâleur morbide nuancée de bleu et de gris. Comme un matin d’hiver brumeux. Ses mains, lacérées, tordues, aux ongles arrachés sont jointes aux genoux, les poings serrés. Son T-Shirt sale laisse entrevoir ses bras nus, tailladés maintes fois. Ses pieds couverts de croûtes de sang séché pendent dans le vide. Long balancement régulier.
Dans une sorte de râle cancéreux, la porte d’acier s’ouvre et laisse entrer une femme toute vêtue de blanc. Au début, ELLE croyait qu’il s’agissait d’un ange, ou d’une créature de Dieu, mais elle a fini par se rendre compte… une pauvre femelle humaine, petite déesse mortelle, faible, incapable et inutile. Elle ne peut rien pour ELLE.

Elle s’approche d’ELLE et lui parle. Aux oreilles d’ELLE, les mots prononcés avec douceur par la jeune femme ne sont qu’un vrombissement incompréhensible, à peine… c’est à peine si ELLE l’entend. Dans son esprit repose le sanctuaire des silences ; l’inanité de sa raison d’être. Affreuse inutilité, recouverte du poison d’un vieil oubli. Au bout de quelques minutes éternelles, les paroles sans queue ni tête de la femme semblent se noyer un peu plus, toujours un peu plus jusqu’à ce que… vlan ! … Plus rien ! Rien ne bouge plus. Dans la tête d’ELLE, le vide s’est fait. Règne un silence lourd, grêlé d’angoisse désaffectée. ELLE semble s’éveiller. Car ELL va perler, même si ELLE n’en a pas conscience. Sa bouche s’anime, imperceptiblement, s’ouvre comme une plaie infectée. Un automate, privé de liberté et de spontanéité. Vide se sens. Elle s’agite en vain, trébuchant, balbutiant. Elle a du mal à démarrer. Puis les rouages se mettent en place, petit à petit. Le lourd silence se crève. Un cri sourd, à tue-tête …

_________________
Je suis à moitié malade des Ombres
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://unseelie.heavenforum.com/
Lionna Ambrelune
fleur
fleur
avatar

Nombre de messages : 53
Age : 42
Date d'inscription : 14/04/2005

MessageSujet: Re: 9   Mer 7 Déc à 21:09

Simplement merci Wink
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.la-taverne.org
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: 9   

Revenir en haut Aller en bas
 
9
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Arpentes et songes :: La rose et la plume :: Sang d'encre-
Sauter vers: