Arpentes et songes

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 Gwenved !

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AuteurMessage
Gaëlle
Rang: Administrateur
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Nombre de messages : 225
Localisation : Vercors et Brocéliande
Date d'inscription : 20/03/2005

MessageSujet: Gwenved !   Lun 21 Nov à 3:15

Kikou vous,

Sur un forum, quelque part sur les toiles infinies de mes tribulations, je vous livre un échange épistollaire, qui me semble fort à propos ...

Bonne lecture,
Bien à vous

Mille bises

Gaëlle

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Embourbée dans les méandres de ma complexité, je pleure…
Je pleure et me perds dans d’innombrables questions, pourquoi…
Pourquoi suis-je si compliquée, et si prompte à m’emballer ?
Emballer mes peurs et mes angoisses, les enrubanner et les jeter…
Les jeter sans réfléchir, en dehors de moi, croyant m’en soulager…
Soulager mon cœur, soulager mon âme, mais qu’en est-il en vérité ?
En vérité, ma satisfaction est nulle car la racine de mes maux subsiste…
Sa substance ? Un réel poison, une épine depuis longtemps plantée…
Plantation d’une enfance pourtant baignée d’Amour, trop peut-être…
Trop pour accepter une seule trahison, assez pour être intolérante…
Intolérance revue et «corrigée» par la femme que je suis aujourd’hui…
Aujourd’hui, est sûrement venu le temps de retirer cette épine de mon cœur…
Epine de mon cœur… Avant que son poison ne se diffuse davantage…
Davantage de larmes salvatrices, noyer pour toujours le mal insidieux…
Et inspirer enfin toute ma Liberté…

ritcen


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Chère Ritcen,

Gwenved : le monde blanc n’existe que dans notre âme.

Peut on s’embourber dans notre monde à nous, celui de nos ailleurs et de notre complexité ?

Je regarde la mer, calme, qui s’effarouche à contre courant de mes peurs, et revient sur ses pas, comme cherchant à regret à rester quelque part.

Mais elle n’a de place que dans sa multitude, et son intarissable destin, malmenée par ses propres vagues, à l’âme si douces.

Ces larmes qui ourlent tes yeux malmenés, eux aussi, par la complexité de ton être, ces mille questions qui t’assaillent sans relâche, comme ces vagues infinies, que l’on croit voir disparaître, et qui reviennent chaque fois, toujours un peu plus loin.

Au delà de la prison de ton cœur, par delà les longues plages de sable, qui s’étendent bien plus loin que la mer, il y a cette drôle de citadelle, dans ce drôle de pays tout blanc, comme le seing nerveux, qui assiège tes maux, en finissant tes mots.

Au delà de nos amères certitudes, il est une terre insondable, qui ne vit que par nous, que pour nous, île magnifique, graal étrange et compliqué, où se lovent nos errances et se retrouvent nos quêtes éperdues.

Même enrubannés, enjolivés, nos maux subsistent au delà de nous, dans cette terre âcre et fertile, qui nourrit notre âme étincelante.
Magnifique rose pourpre, ses épines s’accrochent à nos désillusions, avec autant de vaillance que les larmes qu’elles offrent en parure à nos yeux pleins des éclats de nos peines.
Quelques gouttes exquises et précieuses, qui se joignent et forment des perles aux reflets opalescents, de celles qui composent les toiles éphémères de nos chagrins sans fins, alors que nos cœurs saignent et se révoltent, muettes sentinelles de nos ires absurdes et bien vaines.

Exquise liberté que tu convoites au delà de tes peines, et que tu imagines défaite par une épine trop loin plantée, lame acerbe qui défit tes lointains souvenirs, d’une enfance de joies et de rires baignée.

Peut on croire que l’on ait eu trop d’amour ?

Aussi étrange que cela paraisse, loin sans faut, l’amour dans ses grandes largesses, n’est jamais en trop, trop peu … de trop, même, pourrions nous dire, et les grèves incertaines de tes anciennes mélancolies, resurgissent soudain, essayant de conjurer le fielleux poison que tes peines distillent.

Est il indécent de crier sa révolte, alors que l’autre nous trompe aveuglément ?

Celui là même à qui l’on a offert son cœur, comme un ultime trésor, qu’il se doit de protéger comme un écrin précieux !

Est ce faire preuve d’intolérance, que de renier ce serment ?

Suprême trahison, au goût amer de cette défiance mutuelle qui soudain se concrétise !

Est ce d’être malheureuse qui te fait ainsi dresser cet étendard, dardant le ciel de tes précieuses résolutions, afin de noyer le poison qui gangrène lentement les rives brumeuses de ton âme égarée ?

Ou, au delà de ces mots, n’est ce pas là les maux plus profonds de ce serment défunt, qui te rendent malade, et t’empoisonnent doucement ?

A quoi bon cueillir la rose, si ne viennent, avec elle, ses racines ?

A quoi bon retirer cette écharde, si tu y laisses la tige ?

Long est le chemin qui te conduira vers cette drôle de terre blanche, cet ailleurs qui n’appartient qu’à toi, il te faudra encore planter quelques longues pierres grises, catafalques glacés des tes amours perdues, et laisser quelques mots pour le temps, étrange épitaphes de ce linceul d’éternité, avant que tu ne retrouves ce sourire, et que tu entrevois là bas, cette liberté chérie, pourtant, juste à côté de toi.

Mais aujourd’hui tu n’as pas encore fait ton deuil, et ton mal-être n’est que plaie béante, et tes pleurs n’y changeront rien, tant que tu ne souriras pas, en dépassant les tombes de tes mille passés.

Courage chère Ritcen, car au delà de tes peurs, loin là bas, par delà les ailleurs de tes pleurs, il y a celui que tu attends, et que tu ne connais pas.
Mais lui saura te donner son cœur, et rendre son sourire à tes lèvres tuméfiées, en t’offrant ce bonheur, qui te rendra heureuse, comme au temps de ton enfance, toute ourlée de ce cocon d’amour.

Alors tu seras libre, libre de cueillir cette rose évanescente, au pistil de miel, dans les arcanes diaphanes de tes terres blanches de bonheur.

Bien à toi Ritcen, prends soin de toi, regardes ton jardin, il n’est vraiment pas si loin !

La vague revient, ramenant avec elle les fardeaux de mes peines, dilapidant mes larmes en mille corolles humides, toutes gorgées de sable, tamisant à jamais le venin de son épine.

Mon bonheur est là, à côté de moi, et je ne le voyais pas !

Par delà les dunes qui se découpent dans le ciel flamboyant, je vois cette terre, toute blanche, vierge de tous mensonges, berceau de mes songes amis.

Et la rose, aujourd’hui, étincelle à nouveau, comme le symbole d’une liberté retrouvée.

J’ai retrouvé mon Gwenved !

Mille bises

Gaëlle
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