Arpentes et songes

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 Dorian

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Scap
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MessageSujet: Dorian   Dim 4 Sep à 2:57

Je me permets d'insérer une vieille histoire que j'ai écrite il y a quelques années pour un personnage de D&D. En fait d'histoire, je dirais que c'était plutôt son histoire... Le style est ce qu'il est, personnellement, j'ai toujours du mal avec mes propres écrits, les trouvant assez pathétiques. Je vous laisse juges...


Koutchev Ivanov s’installa laborieusement sous le pommier au sommet de la colline de Shepard, sise à quelques centaines de mètres du fleuve de glace, frontière naturelle entre la baronnie de Polten et celle d’Ostel. Non seulement son armure de plaques gênait ostensiblement ses génuflexions mais il devait aussi faire attention de ne pas faire tomber son repas, un morceau de pain frais accompagné d’une tranche de viande salée et d’un morceau de fromage odorant, sur le sol peuplé d’insectes minuscules de la colline herbeuse surplombant les plaines fertiles du sud de la baronnie. Igor Teschienko, son compagnon de patrouille, tout aussi taciturne que sa monture, s’affairait à sortir sa pitance des sacoches de son cheval, attaché au tronc du pommier. Koutchev jeta un coup d’œil rapide au sien, qui paressait sur le flanc de la colline, arrachant joyeusement des touffes d’herbes de temps à autre. La journée était belle, et les rayons de soleil qui dardaient à travers les feuilles du pommier réchauffaient agréablement le corps de Koutchev.

Igor s’approcha de Koutchev et s’assit d’un coup sur le sol, en se laissant tomber brutalement. Sans même regarder son compagnon, il lui adressa une brève réprimande concernant son cheval, qui trottait maintenant dans des primevères jaunâtres, soulevant au passage des nuées de papillons. Comme à son habitude, Koutchev se contenta d’hausser les épaules, refusant de devoir à nouveau expliquer à Igor que sa monture était comme une partie de lui, bien plus intelligente et sensée que la plupart des humains. En homme martial, éduqué à renfort de sermons sur la bravoure, Igor avait fait de l’inflexibilité face à l’adversité un credo, devenant totalement rigide et imperméable à tout ce qui relevait du miraculeux : ainsi, Igor était tout bonnement incapable de comprendre qu’un lien spirituel existait entre Spart (tel était son nom de la monture de Koutchev) et le paladin, de la même façon qu’il ne concevait pas que l’on puisse fuir devant un danger aussi grand qu’il fût. C’était pour lui tout bonnement impossible.

C’est le coude de Igor qui tira Koutchev de sa rêverie. Tout en tenant d’une main son morceau de pain, il pointa de sa dextre un groupe de cavaliers qui s’approchaient rapidement du fleuve ; un homme chevauchait en tête et 5 autres, plus éloignés, semblaient lui donner chasse.
- Pourvu qu’ils ne passent pas le gué, maugréa Igor.
Koutchev se releva rapidement, laissant son repas sur le sol.
- Pourvu qu’ils le franchissent…, murmura Koutchev en sifflant son cheval.
- Que fais tu, Koutchev ? Ces hommes ne sont pas notre problème tant qu’ils sont de ce côté de la rivière ! affirma Igor avec force.
Koutchev n’avait pas besoin qu’on lui rappelle les règles. Il savait qu’il ne devait pas intervenir sur les terres de la baronnie d’Ostel. Mais son instinct de paladin lui disait que les cavaliers s’attaquaient à un innocent et non à un criminel. D’ici, il sentait le mal, non pas dans sa forme simple et basique, mais plutôt sous celle de la corruption et du déshonneur, qui émanait des chasseurs. Encore une fois, sa loyauté balançait entre les ordres du baron de Polten et son devoir de paladin…

Spart s’arrêta près de son maître et inclina la tête, comme pour le saluer. Koutchev monta lestement en selle, tira son épée et commanda à sa monture de partir en direction des cavaliers. Jetant un coup d’œil par dessus son épaule, il constata avec un sourire qu’Igor, si peu enclin à intervenir, était en train de détacher la sienne. Koutchev sourit. Igor n’allait pas le laisser profiter seul de la gloire d’un combat avec des hommes d’Ostel…

Bien que massif et puissant, Spart était un cheval particulièrement rapide. En quelques foulées, le cheval était arrivé à la rivière. Il s’arrêta à quelques encolures du gué. Le poursuivi était de toute vraisemblance un chevalier. Même s’il n’était pas revêtu d’une armure conventionnelle, on distinguait bien à ses atours qu’il était de noble naissance. L’homme galopait à tout va, sa monture couverte de sueur et de sang. Ils étaient tout deux percés de flèches, la plupart plantés dans le dos ou la croupe. Pourtant, Koutchev ne parvenait pas à distinguer sur les traits sombres du visage de l’homme, la peur, la souffrance ou l’affolement. Un instant, le regard des deux hommes se croisa et Koutchev y lu une froide détermination.

Igor arriva à ses côtés, dégageant une terrible francisque de la fixation de sa selle. Il s’apprêtait à l’utiliser sur le premier homme qui passerait la frontière…
- Attends, ordonna Koutchev, laisse-le entrer ! J’en prends l’entière responsabilité.
Igor n’avait pas besoin d’autre chose. Il savait que le paladin tiendrait sa promesse en cas de problèmes et assumerait seul les conséquences de cet acte…

Le cavalier, blessé, traversa le gué au galop dans une gerbe d’eau glacée. Arrivé à quelques mètres du bord, son cheval glissa et s’effondra en un « plouf » sonore. Si celui-ci se redressa rapidement et marcha maladroitement jusqu’à la berge, le cavalier se releva beaucoup plus difficilement. Son bras gauche semblait à peine pouvoir le soutenir. Au prix d’un effort surhumain, le cavalier parvint à se mettre à genoux. C’est alors qu’une flèche noire, accompagnée d’un claquement sec, se planta dans son omoplate. L’homme s’écroula dans la rivière, l’eau se tintant rapidement d’un rouge carmin. Koutchev ne porta cependant pas secours à l’homme blessé. Sa monture s’avança d’un pas et d’un geste lent et calculé, il pointa de sa lame le groupe de poursuivants.
- Messieurs, par le pouvoir que le Baron Donvely nous a conféré, je vous ordonne de cesser le combat. Cet homme est maintenant sur les terres de la baronnie de Polten et quels que soient ses crimes et pêchés sur vos terres, il sera jugé par nos instances...
Les cinq cavaliers, des chevaliers aux armures complètes noires, portant le blason d’Ostel sur la poitrine (une épée pointée vers le bas), se regardèrent à travers les visières de leur heaume. L’archer du groupe était animé de tics nerveux, comme s’il était inquiet du jugement que pourrait porter Koutchev sur lui.
- Quels crimes a commis cet homme pour être abattu de la sorte, s’enquerra Igor d’une voix profonde.
Un des chevaliers poursuivant s’avança de quelques mètres et enleva son heaume. Koutchev reconnu immédiatement Wilsius Ostel, un cousin éloigné et chahuteur du baron éponyme.
- Messires, je vous prie de bien vouloir intercéder favorablement à ma requête. J’ai ordre de ramener cet homme, mort ou vif, afin qu’il soit jugé pour… euh, eh bien pour…
Koutchev ne le laissa pas finir sa phrase, trop content de profiter de l’erreur de son adversaire.
- Vous ne savez pas pourquoi il est condamné. Pourtant, s’il devait être ramené dans les conditions que vous annoncez, son crime doit être à ce point ignominieux que votre mémoire ne devrait pas vous faire défaut. A ma connaissance, seule la haute trahison ou le meurtre d’un noble peut entraîner un tel besoin d’une justice expéditive vis-à-vis d’un de vos chevaliers.
Koutchev démonta sa monture et se dirigea prestement vers le blessé.
- Etes-vous bon tireur ? demanda-t-il à l’archer après avoir regardé de près les impacts de flèches.
- Euh, …, oui, je suis parmi les meilleurs de mon unité…, messire, répondit timidement l’archer.
- Alors, messire, sauf votre respect, je crois que vous me mentez.
Koutchev marqua une pose, laissant planer un doute dans l’assistance. Avait-il dit messire ou messires ?
- Aucun archer digne de ce nom n’aurait raté autant de fois la monture de cet homme, pas plus qu’il n’aurait visé les points vitaux de sa cible. Sans cheval, la capture n’aurait été qu’une formalité pour cinq hommes comme vous. On dirait presque que vous avez consciemment tenté de l’abattre…
- Comprenez, messires, que cet homme est dangereux, reprit doucement Wilsius.
- Dangereux, hum ? Bon sang, de quel bois êtes-vous fait du côté de cette rivière ? répondit Igor d’une voix lugubre. Même pas capable de circonvenir un seul homme ?
- Je vous assure, nous étions en danger si nous l’avions attaqué …
- A la loyale ? compléta Koutchev d’un ton interrogateur.
- Euh, non, enfin pas tout à fait…
- Trêve de discussions ! s’exclama d’un coup Igor. Cet homme est sur les terres du baron de Polten. S’il est un criminel, il doit donc être jugé par nous à moins que votre seigneur n’intervienne personnellement. Ce que je doute, étant donné qu’il me semble aussi coupable que ma petite sœur. Pour finir, messires, soit vous êtes les plus parfaits représentants des plus lamentables chevaliers de Damara, soit vous êtes de piètres menteurs. Je pense intimement que vous êtes les deux à la fois !

Koutchev leva les yeux au ciel pendant que les cavaliers dégainèrent leurs armes pour laver par le sang l’insulte faite par Igor. Il avait bien choisi son jour pour lancer ce genre de diatribes…
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Scap
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MessageSujet: Re: Dorian   Dim 4 Sep à 2:59

Dorian Ostel se leva. Ses pieds touchèrent le sol froid de sa chambre, le faisant frissonner. Il s’approcha de la fenêtre donnant sur la cour intérieure, nu comme un ver. Sa chambre située dans la tour ouest du donjon lui donnait une vue imprenable sur l’activité du château. Tout semblait en ordre. Les hommes, tel des ouvrières d’une ruche, vaquaient à leurs occupations. Un soupir suivi d’un étirement, en provenance du lit, le ramena à la réalité. Il jeta un coup d’œil rapide en direction de son lit, dans lequel était lové Sylvia. Elle dormait paisiblement, son corps svelte et doux enveloppé dans les couvertures. L’attention de Dorian se focalisa de nouveau sur le château. Les gardes patrouillaient le long du chemin de ronde, s’échangeant quelques banalités. Les palefreniers entretenaient les chevaux et écuries, pendant que les chevaliers s’entraînaient jovialement. Les cheminées de la boulangerie dégageaient une fumée blanche et odorante accompagnant étrangement les coups de marteaux en provenance de la forge. Dorian sursauta lorsque les mains de Sylvia se posèrent sur sa poitrine. Elle le serra dans ses bras en lui embrassant le cou.
- Que fais-tu ? lui demanda t-elle.
- Rien de spécial.
- Alors, viens te recoucher, mon amour.
- Je dois aller à la chasse, cet après-midi, avec mon père. Il faut que je me prépare.
Sans répondre, Sylvia descendit ses mains le long de son corps, frôlant ses abdominaux parfaits, pour finir au niveau de sa toison pubienne.
- Viens, ton père partira sans toi si tu n’es pas prêt. Et s’il part, je t’aurais à moi toute seule toute la journée. Je te chanterais ta chanson préférée…

Dorian dévalait les marches trois par trois. Jamais dans ces souvenirs il n’avait descendu les 3 étages aussi rapidement. Débouchant sur la cour intérieure, Dorian se précipita, juste revêtu du pantalon de toile, en direction des chasseurs. Tous les rabatteurs de son père étaient là, ainsi que les meilleurs rangers d’Ostel. A l’arrière du convoi, 2 chevaux tiraient une litière de fortune sur laquelle était couché le père de Dorian, le baron d’Ostel. Sur son flanc droit, une immense plaie béante s’ouvrait de manière obscène, dévoilant les entrailles de son père.
Roden Ostel, un cousin de son père à peine plus âgé que Dorian, s’approcha de ce dernier le visage grave.
- Que s’est t-il passé ? demanda Dorian en se précipitant à genoux devant le corps de son père.
Déjà, la pâleur et la rigidité cadavérique envahissaient les traits de son visage rugueux. Ses yeux, révulsés, fixaient un point à l’horizon, ultime témoin de la violence de l’attaque.
- Un sanglier, Dorian. Une bête monstrueuse. Jamais rien vu de tel. Il a surgi des fourrés, comme fou. Les chevaux se sont effrayés, ton père a perdu l’équilibre…
La voix de Roden se perdit en sanglots.
Dorian se releva en essuyant du revers de la main les larmes qui perlaient à ses yeux.
- Faites seller mon cheval ! ordonna t-il à l’assistance en se dirigeant vers sa chambre.

Le voyage permit à Dorian de se calmer et d’analyser la situation. Il revoyait sans cesse la scène de l’arrivée de son père, les hommes qui appelaient un prêtre, les autres se préparant à affronter le chagrin ou la colère de Dorian. Quelque chose clochait, mais son esprit ne parvint pas à mettre le doigt dessus.
Fileas, un ami de Dorian qui avait participé à la chasse, l’accompagnait sans mot. Il savait qu’il n’était pas la peine de tenter de le réconforter. Dorian lui était gré de ne pas essayer…

La scène de l’attaque reflétait bien de la brutalité des combats. Fileas expliqua le plus calmement possible ce qu’il avait vu, ce qui se résumait à peu de choses. Cependant, pas besoin d’être un pisteur émérite pour comprendre qu’un affrontement violent avait eu lieu ici. Du sang recouvrait la plupart des feuilles et la terre était piétinée par les nombreux chevaux.
- Fileas, imagines que tu n’aies rien vu. Imagines que tu doives enquêter sur ce qui s’est passé ici. Ne vois-tu rien d’anormal ?
Fileas démonta et commença à regarder l’endroit, s’agenouillant de temps en temps pour observer de plus près.
Dorian patienta de nombreuses minutes. Bien que chasseur, il ne s’y entendait guère en empreintes et faisait un bien piètre forestier. Pour quelqu’un de son rang, la chasse était une activité de cour, encadrée dans un protocole strict. Les nobles ne participaient ni au rabattage ni au pistage. Ils n’étaient là que pour porter le coup de grâce. Ses pensées allèrent alors vers Sylvia, la douce Sylvia. Il aurait aimé qu’elle soit là, à ses côtés pour le réconforter.
- Dorian, il y a quelque chose de bizarre. Viens voir.
Dorian s’approcha de Fileas, qui se trouvait maintenant à l’écart de l’endroit où s’était déroulé le combat.
- Regardes. Ici, on aperçoit nettement les empreintes de la bête.
Les traces étaient énormes, le sanglier devait faire la taille d’un poney.
- Le sanglier a chargé d’ici, il a percuté le groupe à cet endroit, s’est battu avec les hommes aux alentours et est parti par là, expliqua Fileas en se déplaçant rapidement jusque de l’autre côté de la scène.
Dorian observait avec circonspection.
- Et puis, plus rien. Plus de traces. Zou, envolé. Ce n’est pas normal, Dorian. Pourtant, je l’ai vu, je te le jure. Il devait m’arriver à cette hauteur environ.
Fileas positionna sa main à hauteur de son épaule. Bien qu’étant de petite taille, cela devait avoisiner le mètre cinquante.
- Je me demande Fileas, comment ce sanglier a fait pour ne pas être vu par les chasseurs. Même a pied, le sanglier devait dépasser d’un bon mètre des fourrés. D’un bon mètre, répéta Dorian.

Le mariage fut célébré quelques temps après l’enterrement de son père. Dorian avait logiquement hérité de la charge de Baron, sans contestation possible. Son oncle, Tran Ostel, s’était rapproché de lui pour l’épauler au mieux dans ses nouvelles fonctions. Dorian, qui ne prenait pas ombrage de l’attitude protectrice et paternaliste de son oncle, s’appuyait sur sa forte expérience pour prendre les décisions qui s’imposait, somme toute, peu de choses : qui devait être invité à tel ou tel événement, à combien l’impôt devait se situer… Son oncle l’encouragea à trouver épouse et à faire des enfants, afin d’éviter tout problème de succession. Bien qu’aimant de toute son âme Sylvia, Dorian ne s’était pas enflammé à l’idée. Une chape de plomb enserrait son cœur depuis la mort de son père et malgré tout l’amour qu’elle lui manifestait, il n’avait plus le goût à grand chose. Aussi suivit-il les conseils de son oncle comme on signe un édit, sans enthousiasme ni ardeur, mais en étant conscient que c’était la meilleure chose pour la baronnie. Dorian était d’autant plus reconnaissant à son oncle de lui forcer la main que ce dernier n’appréciait que peu Sylvia, comme de nombreux habitants de la région confrontés à l’inconnu et la puissance mystique de la magie. Sylvia était une enchanteresse, pas de comme celles des contes de fées, mais capable tout de même de prodiges, comme de faire apparaître des montures ou de protéger magiquement des lieux. C’est d’ailleurs pour cette raison que le père de Dorian l’avait engagé, persuadé que les ennemis (ainsi appelait-il les menaces fantomatiques qui pouvaient peser sur le royaume) avaient recours à des sortilèges pour épier les armées d’Ostel. Dorian fut rapidement séduit par la personnalité avenante, serviable et simple de Sylvia. Ils s’aimèrent d’abord secrètement, mais malgré les pouvoirs de Sylvia, bientôt tout le château fut au courant de leur relation.
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MessageSujet: Re: Dorian   Dim 4 Sep à 3:01

Dorian ouvrit les yeux. Il était alité dans une pièce spartiate, le plafond était composé d’un enchevêtrement de poutres de bois vernies et les murs de pierres de taille grisâtre. Une douce chaleur émanait d’un âtre où le bois crépitait doucement. Sylvia s’approcha de son lit. Dorian fut pris d’un frisson et tenta de se redresser.
- Ne bougez pas, messire, lui demanda Sylvia d’une voix douce et suave tout en le forçant à se recoucher.
Dorian cligna des yeux. La jeune femme n’était pas Sylvia. Le visage de sa femme se dissipa, comme s’il s’agissait d’une apparition. Au lieu de longs cheveux blonds cendrés laissés libres, la jeune infirmière avait une crinière noire réunie en natte tressée dans laquelle un ruban blanc était glissé. Ses yeux, non plus verdoyant comme ceux de son épouse, étaient d’un bleu pâle, tirant sur le gris. Elle ne portait point de somptueuses robes de velours rehaussés de broderies, de fils d’or et d’argent ou de fourrures précieuses. A la place, elle était vêtue d’une robe simple et droite, de couleur blanche, épousant parfaitement un corps svelte et gracieux. Dans les vêtements de Sylvia, cette femme aurait fait tourner la tête des célibataires les plus endurcis. Dans sa parure actuelle, dénuée de bijoux ou d’extravagance, elle était seulement belle et désirable.
- Recouchez-vous, messire, vous êtes blessé, rajouta-t-elle d’une voix toujours aussi douce.
Dorian sentit sa main contre son épaule. Il était torse nu et de nombreux endroits de son corps étaient recouverts de bandages ensanglantés. En inclinant la tête, il découvrit qu’il enserrait nerveusement l’autre main de la jeune femme, à tel point que ses doigts étaient rougis par la pression. Pourtant, elle continuait à lui sourire et à le regarder d’une manière apaisante.
Dorian s’abandonna et se recoucha. Bien que son esprit lui intimait l’ordre de partir, de fuir au plus vite, les forces lui manquaient. Comme d’habitude, son bras gauche le faisait horriblement souffrir. Il le serra de sa main droite, procédé qui rendait la douleur plus supportable.
- Je n’ai malheureusement rien pu faire pour votre bras, reprit la jeune femme. La blessure devait être ancienne, n’est ce pas ?
Dorian ne répondit pas et détourna la tête afin de ne pas avoir à soutenir le regard de l’infirmière. Il n’en n’avait pas le courage.
- Il faut vous reposer, maintenant. Le sommeil est le meilleur des remèdes, ajouta-t-elle en le bordant dans son lit.
Elle s’éloigna.
- Au fait, je m’appelle Kristina. Et vous ?
Comme à son habitude, l’esprit de Dorian tourna à toute vitesse. Ces derniers mois l’avaient transformé en une bête sauvage dont l’unique objectif était la survie. Il ne fallait pas qu’ils apprennent. Il ne fallait qu’ils puissent remonter jusqu’à lui.
- Dorian D’aldyr, répondit-il dans un soupir.
Le nom de Fileas fut le seul qui vient à son esprit. Espérons que cela suffira, pensa Dorian.
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MessageSujet: Re: Dorian   Dim 4 Sep à 3:07

Sylvia avait changé, c’était indéniable. Ce n’était pas seulement le fait qu’elle porte son enfant. Il y avait autre chose (un autre homme ?), une étincelle différente dans le regard, presque maléfique. Dorian avait pris la nouvelle avec enthousiasme. La mort de son père lui donnait toujours autant de cauchemars, mais les décoctions de Sylvia lui permettaient de ne pas se réveiller aussi souvent qu’auparavant. C’est au faîte de cette spirale de bonheur, de cette envie de construire un avenir commun que Dorian se réveilla un matin avec une étrangère à ses côtés. Il le comprenait intuitivement, Sylvia était différente, mais en quoi ?

Prenant conseil auprès de son oncle, celui-ci sortit l’éternel refrain sur les femmes enceintes et leurs lubies, illustrant par de nombreux exemples (Tran avait eu 3 fils et 4 filles) les grossesses de sa femme. Si les discussions avec son oncle étaient réconfortantes et ponctuées de rires, il ne comprenait pas, il ne voyait pas ce que Dorian ressentait au fond de lui. Alors Dorian se mit à croire que Sylvia avait un amant. Il commença alors à l’espionner (première erreur), à changer ses habitudes (deuxième erreur), afin de surprendre quelque chose, de trouver un indice. Mais rien. Dorian en arriva presque à se persuader que s’était son imagination qui se jouait de lui, comme si son esprit voulait à tout prix croire que son oncle avait raison. Au bout de quelques semaines, Dorian se moquait même de son attitude puérile, de son comportement de fils unique. Aussi décida-t-il de se racheter des soupçons qu’il avait nourris envers sa femme. Bien qu’elle ne fût pas dupe de son jeu, jamais elle le questionna sur son changement de comportement. Elle avait sûrement mis ça sur l’angoisse paternelle. Mais cela étant, Dorian voulait montrer à Sylvia qu’il avait passé le cap, qu’il avait compris, qu’il avait fait fausse route. Il fit venir une magnifique bague d’émeraude d’un joaillier réputé. Et il s’apprêtait à lui donner ce matin, juste après l’entrevue avec les guildes d’Ostel.

La réunion était ennuyeuse et Dorian impatient d’offir son cadeau. Il triturait nerveusement l’écrin de la bague pendant tout l’entretien, puis l’écourta en s’excusant, prétextant un malaise. Il gravit des escaliers, traversa des couloirs (il occupait maintenant le donjon central), franchit des coursives, le cœur battant. Devant la porte de la chambre de sa femme, il s’arrêta, pris une profonde respiration et …
Il entendait des voix, en provenance de la chambre. Une voix d’homme et celle de sa femme. Ces tripes se tordirent, son cœur s’accéléra. Il rapprocha son oreille de la porte…
- …is sûr qu’il se doute de quelque chose, disait la voix d’homme.
Le cousin de son père, Wilsius, pensa immédiatement Dorian avec stupeur.
- Je sais. Mes potions n’arrivent plus à le calmer, répondit sa femme.
- Cela fait longtemps que nous aurions dû nous débarrasser de lui, je te l’avais bien dit, dès le départ. D’abord le père, puis le fils.
- Je connais notre plan, Wilsius, répondit sa femme d’une voix autoritaire qu’il ne connaissait pas, je l’ai mis au point.
Dorian pensait à toute vitesse. Des images lui traversaient l’esprit, issues du passé, comme s’il reconstruisait un puzzle. Il se souvint alors de la partie de chasse où son père avait trouvé la mort et du fait que, dès le départ, il avait senti que quelque chose clochait. Maintenant, tout cela était clair, limpide, il admettait enfin l’évidence. Parmi les chasseurs se trouvait Sylvia. Sa raison avait réfuté ce qu’il avait vu, étant donné que pour lui, il avait passé la majeure partie de la journée avec elle, à lui faire l’amour. Or, qui à part sa femme, une enchanteresse, était capable d’altérer ainsi la réalité ? Qui, à part Sylvia, était capable d’appeler les animaux ?
- Je maintiens que nous devrions le tuer avant qu’il comprenne.
- Non, répondit Sylvia d’une voix lugubre. Pas avant que je sois sûr que l’enfant que je porte survivra.
- Tu apportes beaucoup trop d’importance à cette épée, Sylvia. Tu ne devrais pas …
- TU N’ES PAS A MEME DE ME DIRE CE QUE JE DOIS ET CE QUE JE NE DOIS PAS ! s’écria Sylvia. L’EPEE DES OSTEL N’EST PAS UN OBJET A PRENDRE A LA LEGERE ! C’EST UNE RELIQUE CONTENANT DES ENCHANTEMENTS QUI DEPASSE TON IMAGINATION !
L’épée de son père. L’épée familiale. Il ignorait qu’elle eut des propriétés, des pouvoirs. Il n’y avait plus pensé depuis l’enterrement. Il se souvient encore du cercueil contenant la dépouille de son père, les bras croisé sur le ventre, serrant l’épée.
Dorian agît sans réfléchir et pénétra, empli de colère, dans la chambre. Wilsius sursauta mais Sylvia ne bougea pas d’un pouce (elle était assise dans son fauteuil préféré).
Wilsius cherchait visiblement ses mots, son visage marqué par la surprise.
- Ah, c’est toi… Tu m’as fait peur. Je discutais avec Sylvia de …
- Pas la peine de te fatiguer, Wilsius, répliqua Dorian avec force. J’ai entendu votre petite conversation. Instructive s’il en est.
Dorian se tourna de manière à faire face à Sylvia tout en conservant un œil sur Wilsius.
- Et toi, reprit-il en pointa du doigt, tu m’as trompé et trahi ! Je ne te le pardonnerais jamais.
- Et comment vas-tu prouver quoique ce soit, Dorian ? répondit sa femme avec un sourire macabre aux lèvres.
Dorian resta bouche bée. Il ne s’attendait pas à un tel calme, une telle assurance.
- Je ne prouverais rien. Je vais vous tuer, tous les deux, pour venger mon père.
- Et comment vas-tu t’y prendre, Dorian ? demanda Sylvia dans un bâillement feint.
Dorian commanda à son cerveau de saisir son épée bâtarde et de la brandir. Mais son corps ne répondit pas. Il ne pouvait pas bouger.
- Je me demande vraiment comment tu vas faire, Dorian, ajouta sa femme avec un sourire. Tu ne peux plus bouger. Tu ne peux donc pas nous nuire.
Dorian sentit un coup le touchant dans le dos. Il tomba au sol, à genoux, le souffle coupé par la violence de l’impact. Bien qu’ankylosé par la magie de Sylvia, il parvînt à faire pivoter sa tête en direction de celui qui venait de l’attaquer : Wilsius, pensa t-il, sale traître.
- WILSIUS ! Combien fois faudra-t-il que je t’explique ! Tu viens de briser mon sortilège en agissant de la sorte ! Et pour quel résultat ? Tu oublies peut-être que mon époux porte toujours sur lui une cotte de mailles en mithril ! Ta dague ne pourra pas le blesser !
Wilsius constatant que sa lame n’était pas ensanglantée, attrapa Dorian par les cheveux et plaça sa dague sous sa gorge.
- Attends, Wilsius, ordonna de nouveau Sylvia. Ne nous précipitons pas. Réfléchissons à comment nous débarrasser de mon mari sans détruire le reste de nos projets.
- Parce que nous tuer n’était pas suffisant ? demanda Dorian d’une voix étranglée.
- Non, mon époux, ce n’est que le début.
- Tout ça pour cette épée ? hasarda-t-il
- Oui, pour une épée. Un bel objet en sorte. Je trouve d’ailleurs étrange que ton père ne t’en ait jamais parlé. Peut-être escomptait-il le faire plus tard. Quel dommage qu’il nous ait quitté si tôt !
Dorian tenta de se lever. Wilsius anticipa son mouvement et lui flanqua un coup de pied magistral qui lui fit perdre l’équilibre. Content de sa performance, il continua à le frapper, assénant de multiples coups de talons sur son corps. Dorian, ressentant chaque coup comme une humiliation, se recroquevilla pour encaisser au mieux. Wilsius jubilait et commentait chaque coup par des « tiens, prends ça ! ».
- Il suffit, Wilsius !
Sylvia était maintenant debout et tenait dans ses mains un objet long enveloppé dans un tissu. Elle commença à le déballer, révélant l’épée familiale.
- Tu as l’air surpris, Dorian. Puisque nous l’avons tué, crois-tu que dépouiller un mort nous dérange ?
Dorian émit un gargouillis informe. Sa bouche dégoulinait de sang.
- Vois-tu, cette épée à des propriétés particulières.
Elle dégaina la lourde lame.
- Elle ne peut être tenu que par un membre de la famille Ostel. Et elle est tranchante, très tranchante.
D’un geste souple, elle approcha la lame du bras gauche de Dorian, et la fit glisser légèrement sur la chemise de soie que portait Dorian. Celle-ci se coupa silencieusement et nettement.
- Mais elle est bien plus tranchante encore. Regarde.
Elle arma un coup à l’aide de ses deux mains et frappa sèchement. Dorian hurla de douleur. Sylvia venait de trancher son bras jusqu’à l’os. Le sang éclaboussa la salle. Sylvia ramena la lourde lame à hauteur de son visage et contempla la lame ensanglantée.
- Sans le mithril, je t’aurais tranché le bras et une bonne partie du torse. Tu serais mort, Dorian.
La douleur était insupportable. Dorian tentait bien de se relever, de mourir dignement, mais le sang qui s’écoulait de son bras lui retirait inexorablement toute chance de se battre en homme.
Deux gardes surgirent dans la chambre. Ils observèrent, interloqués, la scène.
- Baronne, nous avons entendu du bruit. Mais, que s’est-il passé ici ? Baron, vous êtes blessé ?
- Messires, rassurez-vous, rien de grave, expliqua Sylvia d’une voix douce. Mon époux, fou de jalousie, vient de tenter de me tuer. Mes appels à l’aide vous ont fait venir jusqu’ici. Mon époux vous a malheureusement abattus et son cousin Wilsius l’a mis en fuite.
Les gardes se regardèrent, intrigués. Sylvia, malgré son ventre rebondi, s’élança et frappa comme une démente les deux hommes. Le premier fut tranché en deux au niveau du bassin et le second perdit la tête.
Wilsius s’approcha de Dorian et saisit son épée bâtarde.
- Tu permets que je t’emprunte ceci ? lui demanda-t-il. De toute façon, avec ton bras en loque, tu ne pourras plus jamais manier une telle arme.
Il ponctua sa phrase en appuyant avec son pied sur la blessure de Dorian. La douleur était inacceptable, Dorian devant lutter pour rester conscient. Il n’avait plus la force de crier. Il se tordait de douleur sur le sol, secoué de spasme. Puis la douleur s’arrêta, il sentit comme une vague de torpeur l’envahir, un apaisement.
- Oups, pardon Dorian, je n’avais pas vu, s’excusa Wilsius en vrillant une dernière fois son pied sur le bras de son cousin.
Il s’éloigna de lui et frappa à plusieurs reprises les corps des gardes avec l’arme de Dorian. Puis, il la jeta au sol.
- Voilà qui est fait, dit-il finalement. Personne ne mettra en doute notre version. Que fait-on de lui, demanda-t-il à Sylvia.
- Il faut s’en débarrasser. Sans que personne ne le voit.
- Tu penses à la magie ?
- Je peux rendre invisible les choses, répliqua-t-elle en souriant…

La suite est toujours confuse dans l’esprit de Dorian. Il sentait qu’on le transportait, il sentait la lumière du soleil qui réchauffait son corps. Puis un terrible froid, l’impression de manquer d’air, son corps, semblant plus léger, étant ballotté dans tous les sens. Il se souvint aussi de quelques brides de phrases :
- IDIOT ! Tu l’as fait tomber…
- Mais, bon sang, crois-tu que c’est facile de balader un corps qu’on ne voit pas ?
- Vite, suivons la rivière avant qu’il n’arrive aux rapides…
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Scap
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MessageSujet: Re: Dorian   Dim 4 Sep à 3:11

Dorian s’assit. A côté de son lit, se trouvait ses maigres affaires. Il ouvrit sa besace et commença à en sortir ce que l’eau avait irrémédiablement endommagé. D’une main tremblante, il extirpa un écrin noir. Il l’ouvrit et regarda la bague qui s’y trouvait. Il soupira, ferma les yeux un instant pour résister à la remontée de souvenirs si désagréables.
- Oh, quelle belle bague ! s’écria Kristina dans son dos.
Dorian sursauta et referma brusquement l’écrin. Kristina, qui perçut le malaise, baissa la tête.
- Je suis désolé, je ne voulais pas être indiscrète.
- Ce n’est pas grave...
Il grimaça. Son bras le lançait affreusement.
- Votre dame doit en avoir de la chance, ajouta-t-elle.
- Ma dame ?
- Oui, Sylvia.
Dorian frissonna.
- Vous la connaissez ?
- Je ne pense pas. Je ne quitte pas souvent le manoir. Mais je sais que c’est la dame de vos songes, dit-elle avec malice.
Il avait dû parler d’elle dans son sommeil.
- Elle était destinée à ma femme. Elle attendait un enfant, reprit-il.
- Je suis désolé, répondit-elle en posant sa main sur son épaule.
La porte s’ouvrit. Deux chevaliers pénétrèrent dans la pièce. Dorian les reconnu de suite : Koutchev et Igor, ceux à qui il devait la vie. Koutchev portait un paquet dans les mains.
- Alors, comment va le blessé ? demanda Koutchev d’un ton enjoué.
- Bien, répondit-il. Bien physiquement. Pour le moral, c’est autre chose.
- Ah, je sais ce que tu ressens. Malgré tout le talent de Kristina, l’exercice te manque, lança Koutchev en riant. C’est justement pour ça que nous sommes là, pour te dégourdir les jambes et te débrider les bras.
- Vous n’êtes pas sérieux, s’exclama Kristina. Il est convalescent et encore fragile. Il n’est pas en état de se battre…
- Kristina, dit Dorian d’un ton rassurant. Je vais bien. Je te remercie de te soucier de moi ainsi, mais je crois que Koutchev à raison. Un peu d’activité ne me fera pas de mal.
La jeune femme fit une moue dégoûtée. Elle tourna talons en s’exclamant :
- Ah, les hommes…
Koutchev et Igor rirent en cœur. C’est la première fois que Dorian entendit le son de la voix de Igor.
Koutchev s’assit sur le lit en face de celui de Dorian.
- Mon vieux, j’ai essayé de voir avec notre forgeron pour ta cotte de maille. Il a fait ce qu’il a pu, mais il m’a dit que pour une réparation plus définitive, il faudrait te rendre dans la baronnie de Bloodstone. Là-bas, ils ont l’équipement et les hommes capables de lui rendre une première jeunesse. Mais cela ne sera pas gratuit.
D’un geste, il lui tendit le paquet contenant sa cotte de maille. Dorian la posa sur ses genoux et d’une main (la droite) commença à essayer de se débarrasser du tissu qui l’enveloppait. Koutchev et Igor échangèrent un regard. Koutchev commença à tendre la main pour l’aider.
- C’est bon, je vais y arriver, susurra sèchement Dorian, les dents serrées.
Dorian extirpa la cotte de mailles. Le forgeron avait inséré des anneaux de fer là où l’épée de son père avait tranché le bras. Cela ressemblait à une cicatrice. Cette pensée le fit sourire.
- Le forgeron n’avait jamais vu une chose pareille. Il dit qu’il ne connaît aucun métal capable de traverser du mithril. Attends, je vais t’aider à l’enfiler.
Dorian lui était gré de sa sollicitude. Il était maintenant incapable de revêtir seul une armure. Il avait appris à dormir avec.
- Par contre, il va falloir te trouver une autre arme que cette épée. Avec un seul bras, tu n’arriveras pas à la manier. Une épée longue irait mieux.
Dorian attrapa la garde de l’épée bâtarde de la main droite. En souriant, il fit quelques moulinets et quelques passes contre un adversaire fantôme (Sylvia). Les deux chevaliers en restèrent quoi.
- J’ai appris à faire avec un seul bras. Bon, je suis prêt.
Les deux chevaliers rirent à nouveau. Un rire qui réchauffe le cœur à défaut de réparer l’âme.
- Faudra que tu passes voir le baron. Il voudrait s’entretenir avec toi. Une formalité, en somme…
C’est alors que la cloche de l’église sonna l’alarme…
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MessageSujet: Re: Dorian   Dim 4 Sep à 23:50

Kikou Scap,

Je ne sais pas si j'ai déjà eu l'occasion de le faire, mais je te remercie d'être venu arpenter cette antre de quiètude, et d'y laisser d'aussi jolies traces, aux mille exquises rondeurs sémantiques.

En tout cas, je souhaite que tu te trouves aussi bien ici que nous le sommes, sur les coussins confortables de cette halte keshite, à écouter les murmures des vents des mille sables, et ces morceaux de nous même partagés autour d'un bon thé fort. .

Mille mercis

Mille bises

Gaëlle

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MessageSujet: Re: Dorian   Mar 6 Sep à 5:14

J'aime beaucoup ton histoire, crois-moi ce n'est pas pathétique Wink Petit défaut par contre: tu passes un peu vite d'une scène à l'autre. Mais pour le reste, bravo!
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MessageSujet: Re: Dorian   Mer 7 Sep à 0:51

Les sauts s'expliquent facilement : ce truc était destiné à être un back de personnage et de fait, je voulais pas gonfler mon MD en lui sortant un bouquin de quarante pages (d'autant que j'aurais été le seul avec un background à la table). Mais bon, je vous remercie de ces critiques sympathiques, même si très honnêtement et sans fanfaronnerie, je me débrouille mieux depuis...
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MessageSujet: Re: Dorian   Lun 12 Sep à 14:34

ton histoire accroche bien on a envie de savoir ce qui va se passer !
et alors dorian, il s'est vengé de Sylvia la traitresse ?
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MessageSujet: Re: Dorian   Lun 12 Sep à 20:28

Euh, disons que ça s'est très mal terminé. Dorian a tué son fils (si, si, il a rencontré son fils tenant l'épée familiale) en combat (il n'a pas réussi à le convaincre ou le rallier ; difficile de refaire une éducation de haine en 5mn sur un champ de bataille).
Et Sylvia a profité du moment où il pleurait sur le corps de son fils pour le trucider (et oui, mes perso masculins pleurent). Bien qu'il était dans le pouvoir de mes compagnons de me ramener à la vie, j'ai estimé qu'il était plus probable qu'il passe son temps aux côtés de son fils, dans l'outremonde... Crying or Very sad
Mais ce fut une très bonne partie, je regrette pas. J'ai eu un bel enterrement (mieux que celui du personnage tué dans le dernier Harry Potter, je ne révèle pas son nom pour ceux qui voudrait le lire). Tous les joueurs et PNJs qui aimaient bien Dorian étaient présents, moment sympa...
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