Arpentes et songes

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 Murmures et vagues à l'âme ....

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Gaëlle
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Localisation : Vercors et Brocéliande
Date d'inscription : 20/03/2005

MessageSujet: Murmures et vagues à l'âme ....   Jeu 14 Avr à 23:38

Kikou,

Juste quelques mots, murmurés, avant de rejoindre un oreiller trop froid, trop seul, trop loin ....

Douce candeur, effeuillée à demi sur le lit de ces roses, qui, blanches corolles d’ivoire, s’ouvrent doucement à leur premier amant.

Ecrin de satin blanc, qui accueille quelques temps, les amours débutantes.
Doucement il s’immisce au plus profond de mon calice, en prenant mille précautions.

Douce soie, qui me frôle et s’étiole dans le ciel enivrant, alors que mes yeux, soudain, se parent de mille feux.
Eclat sublimes, dualité exquise, je brave l’interdit et me glisse hardiment dans mes nouveaux atours.

Contact charnel, douce mélopée d’une vague aveuglée, qui me submerge de sens.

Passé l’anxiété, je m’abandonne à ces ondes de voluptés, qui me fracassent comme une lame de fond, l’âme troublée, hébétée, aveuglée.
Déjà s’annonce l’orage, au delà des ébats, ces éclairs aveuglant qui déchirent mes songes, au delà du néant de l’exquise incertitude, mer intemporelle, où se noient mes valeurs.

Ses lèvres qui m’enflamment, et le tourment infini de sa langue qui me rudoie avec tant de délicatesse.

Ondes décuplées, vagues qui m’écartèlent sous le joug de ce plaisir inconnu, inavoué.

Délicieux outrage, où se mêlent adroitement envie et désir, joie et vice, folie dépravée au milieu de mes larmes et de ce bonheur de jouvence.
Sueurs qui se nouent dans des râles délicats, partage de sens, au delà des mots, et nos corps qui se rejoignent, jusqu’à n’en plus faire qu’un.
Sublime quintessence, graal dévoilé, sous les austères tentures d’une éducation bien pensante.

Flots impétueux que je ne contrôle pas, et qui me noient dans une mer houleuse, qui m’arrache à cette vie douillette si loin des paillettes de ce tourbillon de sens.

Ma peau n’est que tison ardent, alors que mes seins me brûlent sous le feu de ses mains.

Rythme effréné des percussions africaines, au delà des oasis brûlants, je chavire sous les accords endiablés de ce corps trop sculpté, aux mille reflets d’ambre et de bronze, qui me donne tant de bonheur, dans une osmose bigarrée.

Salsa colorée, épicée, qui avive mes sens et me tourne la tête alors que je le serre fort.

Hurlement déchirant, de la louve qui découvre, son territoire de chasse, et qui montre déjà les dents à celles qui la suivent.

Ultime corps à corps, et cette vague déferlante, qui ébranle mon intimité extasiée.

Nos lèvres qui se touchent, dans un frisson de joie, bonheur éphémère, qui a déjà des parfums de regrets. Fin trop précoce, qui laisse sur sa faim, regrets refoulés, dans un long baiser de forge, souvenirs précieux, qui marquent au fer rouge, une vie toute entière.

Ultime révérence, de cet amant magnifique, qui, au delà des roses m’a fait découvrir la vie !

Trop pressé, trop gêné, trop coincé, et la folie qui s’étire, et lui qui s’enfuit, ne m’offrant qu’un océan de souvenirs, comme seule signature, dans la grisaille d’ici, loin des pacifiques lagons bleutés, de son monde lointain.

Il y a si longtemps pourtant, mais ce soir, alors que la lune se lève, il me manque encore tant.

Mille bises

Gaëlle

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Shandrill
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MessageSujet: Re: Murmures et vagues à l'âme ....   Ven 15 Avr à 10:27

c'est tres beau, dit avec plein de grace (comme toujours) Very Happy

Shandrill
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vesper tinn
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MessageSujet: Re: Murmures et vagues à l'âme ....   Ven 15 Avr à 21:43

Et ce" trop pressé, trop gêné" qui embrase les coeurs et les corps, reviendra sûrement, peut-être paré de nouveaux atours, peut-être différent, mais il reviendra.

Tellement beau ce que tu écris, Gaëlle flower
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Gaëlle
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MessageSujet: Re: Murmures et vagues à l'âme ....   Dim 17 Avr à 0:28

Mille fois mercis !

Quelques mots écrits sur le sable de mes maux, juste un peu trop tôt !

Alors que la lune se reflète sur les grands espaces de cette mer déchaînée, les dernières cigales tissent doucement le songe d’une belle nuit d’été, dans les parfums exquis des mille fragrances récurrentes et joyeuses. Toute la beauté de la Provence se trouve amplifiée, par le tiède mistral qui lui offre ses plus beaux atours. Complice, la nuit enveloppe les falaises dans une houppelande noire, qui rassure les grillons.

Je me souviens de lui, grand, son visage riait, illuminé d’une saine simplicité joyeuse. Ses cheveux en bataille, qui chevauchaient le vent, ses yeux doux en amandes, d’un vert plus rare que la plus précieuse émeraude. Sa chemise blanche bouffante, toute gonflée des alizés marins, qui claquait sous la bôme de la grand’voile, que ses amis hissaient avec difficulté dans les mille bruissements de bois et de bastingages, qui se tendent sous l’effort, et gémissent doucement alors que les hautes voilures blanches offraient les premières secousses au grand navire sur le point d’appareiller.

Les gens qui applaudissent, et lui qui n’a d’yeux que pour moi, me sourit et me hèle une dernière fois.

Les drisses qui se tendent soudain, et la voile qui borde, le hurlement du grand mat, et l’effroi des oiseaux, majesté des hautes mers, le vaisseau flamboyant qui s’éloigne de la terre, pour des mois de voyage aux confins des marées.

Tout la haut la vigie attentive regarde la sortie du port, alors que des calanques, quelques enfants jouent et crient, et que les badauds s’arrêtent et contemplent la finesse des voiles de lin et leurs larges envergures alors qu’elles ne sont encore, qu’à peine bordées.
Jamais je n’oublierai cette main chaleureuse qui s’agite pour moi, dans le brouhaha du marché à la criée et de la foire, sur les placettes du port.

Ce soir la houle saline claque sur les rocs aiguisés comme une proue de navire.

Les embruns, balayés par un vent violent, aspergent mon visage impassible, mêlant ces larmes de sel à mes pleurs amers.

Qu’est il devenu ?

Où est il aujourd’hui ?

Matelot sur un pavillon noir, sultan d’une île somptueuse, marchand respectable et respecté aux carrefours des mondes, fils de flibuste ou mendiant sur un port à la dérive ?

Je regarde voler mes innombrables chimères, qui planent doucement bien au delà des songes, au large de mes peurs et de mes incertitudes. Je marche doucement, au milieu des houx verts et des bruyères en fleurs, sur les pierres trop blanches, sous la lune sauvage, qui contemple sa fille, mer du grand sud.

Délaissant la lisière entre mer et rocs, je pousse les grilles grinçantes de ce drôle de cimetière, perdu au milieu du cirque dans les terres d’ocre trop rouges, qui veille aux sépultures des disparus en mer. Les cyprès embaument l’air saturé de fragrances enivrantes, où percent les subtils épices, suaves et étranges, des mille et un orients.

Dalles longilignes qui se perdent à l’infini, toutes bordées de houle, je cherche machinalement la plaque de laiton, sur laquelle figure mon nom, et celui de mon père, juste perdu en mer, époux de sirènes esseulées sur la mer de mes angoisses.

A jamais ancré sur ce morceau de terre, lui qui n’aimait que le grand large et les tropiques, je lève les yeux vers ces étoiles, qui doivent toujours guider sa route, aux frontières des grandes Indes, ou dans les glaces déchues, d’une infinie boréale.

Quand viendra t il jeter son ancre dans l’océan de mon cœur, où sa rade l’attend toujours, depuis sa dernière cavale ?

Eldorado d’amertumes, sa route de soi n’épousera t elle donc jamais, mes horizons de soie ?

Retrouverai je un jour, cette bouteille lancée, d’une grand’île pacifique, dans laquelle il a confié sa destinée, à sa seule aimée, sa maîtresse de tous les instants qui résonne encore de ses tourments ?

Mer amère et mère, tricéphale ambivalence de mes sens, perdus à la dérive, depuis que tu ne quittes plus mon cœur.

A très vite, papa !

Mille bises

Gaëlle

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